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LES TROIS ROIS MAGES

lundi 20 décembre 2004, par Rezki Mammar

Peu loquace à l’égard des Rois mages, la Bible ne leur consacre que quelques lignes : la porte est donc grande ouverte à tous les scénarii. La toute naissante industrie d’animation européenne nous en propose cet hiver une version comico-bouffonne.


Les Rois mages à l’assaut du Père Noël’s Leadership !

Un Melchior maladroit et peureux ; un Gaspard, hautain et convaincu d’être le meilleur mage de la surface du globe ; un Balthazar courageux et réfléchi... Ici, l’épopée des Rois mages ne nous conduit pas à l’étable de Bethléem, mais à la conquête initiatique de trois symboles sacrés : l’or, l’encens et la myrrhe, présents bibliques de nos trois compères à l’enfant Jésus.
Comme le thème est de saison, l’animation franco-espagnole vient à point nommé affronter la concurrence du cinéma pour bambins en vacances, avec un budget de 8 millions d’euros. Ceux qui parlent espagnol savent que de l’autre côté des Pyrénées, Noël se dit « Las Navidades », « la Nativité », et que les Rois mages, venus saluer la naissance du Christ, jouent un peu le rôle du Père Noël en péninsule ibérique. Une bonne idée donc que de battre en brèche le monopole du bonhomme rouge.

Il faut y croire

L’histoire commence par celle de Jim, un petit New-Yorkais en rollers déçu par Noël. Et pour cause : il n’a reçu aucun cadeau cette année. Pour faire renaître l’espoir du garnement, son grand-père entreprend de lui raconter l’épopée des Rois mages, ceux en qui il faut espérer. Les premières scènes sont assez confuses, le rythme s’accélère, les personnages peinent à entrer en scène : on sent que la mise en scène a été douloureuse.
On finit pourtant par reconnaître la Galilée (actuellement dans le Nord d’Israël), sous le règne d’Hérode, réputé pour être un égorgeur d’enfants. Ici, il est représenté sous la forme d’un roi fantoche ventru et capricieux, manipulé par son conseiller Bélial. Ce sorcier, à la fois devin et adepte de magie noire, cherche à contrecarrer la quête des Rois mages.
Pour s’adapter au public, impasse a donc été faite sur les crimes de sang d’Hérode, le réduisant au rang d’incapable sous contrôle. Passée la confusion du début, le spectateur peut enfin entrer dans le récit, où le schéma classique de la lutte du bien contre le mal assure la relève. Le trio est attachant et il n’est pas le seul : une aventurière rejoint les protagonistes et cherche à renverser Hérode.

La disneyisation

En dehors du manichéisme ambiant et d’une certaine maladresse de forme, l’humour est au rendez-vous, quoique un peu potache. Néanmoins, les dessinateurs, plus audacieux que les scénaristes, s’en donnent à coeur joie. Melchior, dont on aura compris qu’il est le bouffon de la bande, est affublé d’une ombre en forme de poulet (en raison d’un sortilège qui a mal tourné) et les bagarres - élément déterminant de l’animation - sont bien mises en scène. On regrettera toutefois que l’un des Rois mages ait recours aux arts martiaux, une pratique devenue monnaie courante pour séduire les jeunes.

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