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LA RÉVOLTE PICTURALE DE JOSÉ ACEDO - vox-populi.net

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INTERVIEW

LA RÉVOLTE PICTURALE DE JOSÉ ACEDO

samedi 26 mars 2005, par Gaëlle Sartre Doublet

Artiste surprenant, obstiné, rebelle, charmant et spontané, José Acedo est de surcroît un grand sportif. Nous sommes loin des arrière-salles enfumées des bars branchés où il fait bon noyer ses névroses en commun. Petit entretien avec un homme qui peint depuis plus de 35 ans comme d’autres font des meubles patinés à la main, en toute simplicité.

1-Quel sens donnez-vous aux symboles, païens comme religieux, présents dans toutes vos créations ?

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Etude sur le portrait mystique de la sainte vierge Marie.
Crayon sur papier - format A2

 [1]

La banane, comme fruit, est un des symboles que l’on retrouve dans presque toutes mes toiles. Elle représente à mes yeux la montre biologique du temps : elle se tâche et noircit de manière visible et évidente au fur et à mesure des secondes qui s’écoulent. Elle nous rappelle aussi que nous évoluons tous dans un même espace temps, car chacun de nous peut en dresser le constat.
En ce qui concerne les autres symboles, je ne me suis jamais réellement posé la question de leur représentation dans ma peinture. J’emploie des symboles païens comme religieux selon les sujets traités, certainement de manière inconsciente. Je pense que les symboles sont bien souvent un dépassement de la pensée : ils "parlent" davantage qu’aucun mot ne saurait signifier. D’une certaine manière, mes créations retracent les inconsciences de l’humain à travers le temps.
J’insiste sur l’expression "les inconsciences". Car je demeure étonné de voir le manque de maîtrise qui règne sur l’évolution prétendue de notre espèce. Notre société, sans doute plus que d’autres, reflète la quasi-inexistence de la conscience personnelle. Les institutions l’ont remplacée par un esprit grégaire qui correspond parfaitement aux aspirations de nos hauts dignitaires, quelqu’ils soient.

2-Quel lien entretenez vous avec la psychanalyse, la morale - ou l’éthique - et la politique ?

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La solitude du parachutiste en équilibre instable
Huile sur papier cartonné. Dimensions 46cm x 38 cm

 [2]
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La psychanalyse m’intéresse dans la mesure où le fondement de l’humain est une source inépuisable de constructions, de destructions, de cohérence et d’incohérences. Mais malgré tout, sans doute est-il préférable de ne pas avoir à y recourir, car elle demeure l’antithèse d’un Descartes affirmant : "je pense, donc je suis".
Quant à la morale, ou à l’éthique, je demeure convaincu qu’en atteignant l’éveil, on s’en dispense très bien :-)
Demeure la politique... entendue sous son aspect politicien, elle est l’exemple même de l’esprit grégaire qui conduit les individus à leur perte.
En France, après trente ans de gestion politique, le déficit budgétaire est catastrophique. Il se creuse d’année en année. On n’arrive plus à rembourser les intérêts de la dette réalisée par ces spécialistes autoproclamés de nos gouvernements successifs. Différents ? Pas si différents que ça, puisqu’ils ont tous fait la même chose : servir leurs intérêts en consolidant leur pouvoir et leurs privilèges qui les rendent intouchables.
Regardons les choses en face : la seule liberté que le système politique nous accorde, c’est le droit de vote. Or, si ce droit était susceptible d’affronter la propagande qui décide bien souvent du résultat, il y a tout à parier qu’il serait interdit.
L’absence de conscience individuelle et la vulgarisation des enjeux politiques sont à mes yeux, sans conteste, le cancer de notre société.

3- Quelles sont vos sources d’inspiration et comment travaillez-vous, concrètement ?

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L’auto-cannibalisme ou la caricature de notre future évolution
Crayon sur papier - format A2

 [3]
Mes sources d’inspiration sont multiples : elles vont de l’évolution de l’humanité à travers les religions à la manipulation des pouvoirs politiques sur les individus, en passant par le temps tel que je l’ai précédemment défini. Mais avant tout, ma principale muse est sans conteste un regard, une sensibilité, un être-au-monde différents. Je suis comme le pêcheur : je voyage très loin à l’intérieur de mon être pour jeter mon filet au fond de mon esprit, en espérant ramener une pêche miraculeuse d’idées créatives. Et comme il n’y a pas trop de pollution à cet endroit, et surtout pas de marée noire, ça marche assez bien :-) Les idées s’y plaisent et se reproduisent à l’infini ; c’est mon terrain de pêche favori...
Je ne me pose pas de questions métaphysiques lorsque je peins : c’est comme une source qui coule le long de mon bras pour jaillir au bout de mes doigts. A eux ensuite d’être capables de mettre en image ce que je porte en moi...
C’est sans doute ce qui me permet de demeurer émerveillé : le résultat final et la concrétisation de ma pensée dessinée est un phénomène qui m’échappe à chaque fois. On nous a toujours dit que la pensée pouvait être transmise de trois manières : sonore (le verbe et la musique), écrite ou picturale (au sens large, j’y inclus également la sculpture). Laquelle de ces trois manières est la plus proche de la pensée d’origine ? A mon avis aucune d’elles, car la pensée est une et indivisible. Sa transmission n’est qu’une photocopie de la pensée originale.
Plus concrètement et pour répondre à la seconde partie de votre question, je donne vie au dessin avec un crayon sur une feuille de papier à grains très épais. J’aime la texture du papier. Pour moi, ce support est très important , car il est un matériau noble, qui a une grande histoire et tient une place essentielle dans notre vie. J’ai beaucoup de respect pour cette matière...
Ensuite, je décide de choisir, parmi tous mes croquis, celui qui va être mis en peinture. Je recopie le dessin d’abord au crayon, puis je le repasse à l’encre de chine afin de le figer sur la toile. C’est alors que je peux donner la lumière, la profondeur, l’espace grâce aux couleurs. Je peins toujours de façon traditionnelle : huile et pinceaux, aucun autre artifice.

4-Pour quelle raison votre signature n’est-elle pas immuable mais semble faire partie intégrante de vos tableaux ?

Ma signature est vivante, évolutive comme ma vie à travers le temps. J’en ai fait un personnage qui se promène sur mes toiles, tel un caméléon. Elle passe ainsi inaperçue, comme je passe moi-même inaperçu dans le paysage de ma propre vie. Mon nom sur la toile ne devait pas altérer l’harmonie du tableau, c’était mon souci majeur : je ne voulais pas signer un tableau comme on signe un chèque :-)

5-Quelle est la question pertinente que vous auriez apprécié que je vous pose et qui n’a pas eu lieu ?

Ça aurait pu être : “Quelle est la chose que vous appréciez le plus dans le langage ?”
Et ma réponse aurait été : “le silence"...

José ACEDO est très présent sur le web , retrouvez le sur :

Jose ACEDO

Tableaux en ligne

Globalart

Les dessins ici reproduits sont la propriété de leur auteur, José Acédo. Toute reproduction, même partielle, est interdite sauf accord express de leur créateur.


[1Commentaire de José Acedo : “Cette Vierge porte sur son visage la complexité de la pensée de ceux qui l’ont inventée, preuve s’il en fallait que l’image de la femme-objet n’est pas nouvelle...
Pourrons nous un jour savoir ce qui se cache derrière ce visage, ce qui se cache derrière la vie elle-même ?”

[2Commentaire de José Acedo : “Un drôle de parachutiste dans sa tasse à café attendait avec anxiété. Il entendait des mouches voler. Il se doutait bien que dans peu de temps, l’une d’elle serait attirée par le colombin qu’il avait sur la tête et que lorsqu’elle se poserait, lui basculerait. Pauvre petit parachutiste qui n’a même pas vérifié comment son parachute était attaché !
Et si la mouche était l’idée reçue, que le colombin résidait à l’intérieur de la boite crânienne, ce tableau ne se transformerait-il pas en un miroir parfait de nos inconsciences ?
Celui qui n’a rien et dont l’esprit est vide bascule bien souvent dès la première idée reçue vers une chute inexorable”.

[3Commentaire de José Acedo : “Pour évoluer, l’homme a détruit la nature qui l’a vu naître, puis massacré les civilisations qu’il a considérées comme étant inférieures. Ceux qui ont échappé aux exterminations, d’hier comme d’aujourd’hui, sont employés comme esclaves afin de servir des intérêts qui leur échappent, parqués dans des réserves, condamnés à l’auto-destruction, avec le consentement et la bénédiction de notre Sainte Mère l’église et de la morale.
Les rares qui dérangent encore sont mis à l’écart dans une boîte en béton avec des barreaux aux fenêtres, pour le bien de tous.
Seul, le consommateur des produits issus de cette société est accepté. Pour lui, on aménage des surfaces où il peut se reproduire, afin qu’il soit en mesure de créer des êtres encore moins conscients que lui. Le fruit de ses entrailles, petit être né en captivité, n’aura pour seul objectif que de devenir un élément servile du système en place".

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