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UN FILM QU’ON AIME

DE BATTRE MON CŒUR S’EST ARRÊTÉ

mercredi 30 mars 2005, par Mireille Sartre

Belle marquise, vos beaux yeux... Difficile au guichet de demander un billet sans devoir répéter le titre - mais où est la virgule ? Simple détail et petit joyau de film bien français, pourtant tiré d’un film américain culte des années 70’, "Fingers", transformé avec bonheur par Jacques Audiard.

Pari réussi.


Le film commence fort, par une confidence avouée entre compagnons de galère, dans un monde violent, tourbillon infernal vécu comme une fatalité : “Nous comprenons que nous sommes mortels le jour où nous devenons les parents de nos parents”.
Un pan du décor est planté, dans cet univers de brutes, teinté d’affaires immobilières glauques. Scènes sordides, insoutenables parfois, magnifiquement filmées de nuit dans un vacarme assourdissant. Gros plans incessants, parfois agaçants.
Besoin d’évasion, manque d’amour, blessures anciennes...
L’enfant n’est jamais loin du personnage de Tom, magnifiquement interprété par Romain Duris, faux dur au coeur tendre.
Et puis, la rencontre, l’oasis dans ce désert affectif. De battre mon coeur s’est...
Tom tombe par hasard sur l’ancien impresario de sa mère, pianiste, et l’envie irrépressible de s’y remettre, lui l’élève jadis doué, de retrouver les émotions d’enfance, la pureté d’une certaine innocence, ne le quitte plus.
Oui mais... ce parcours initiatique suffira-t-il à Tom pour retrouver la Voie ? Le réapprentissage s’effectue dans la douleur, sous les yeux sans concession d’une femme à la présence asiatique, professeur de piano. Cent fois sur le métier...
Again, again, again”, trois mots assénés comme un métronome, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la rebellion.
Oui mais... le père vieillissant est toujours là (excellent Niels Arestrup), exigeant, égoïste, toujours mêlé à des affaires mafieuses. Le fils inquiet veille, jusqu’au jour où, une fois de plus, une fois de trop, De battre mon coeur s’est arrêté.
Tom retrouve son père sauvagement assassiné, écrasé contre un mur de son appartement, baignant dans une mare de sang. Scène très forte, violence de l’image, émotion et rage difficilement contenues, merveilleusement soutenues par le magnifique jeu d’acteur de Romain Duris. Vient le temps de la vengeance et de l’occasion, l’impossibilité au dernier moment d’appuyer sur la gachette plantée dans la bouche du tueur, la colère et les pleurs d’enfant, la dualité et les déchirures de tout être humain, à la fois ange et démon.
La dureté de ce film cède enfin le pas à l’optimisme, par le biais de cette femme musicienne, salvatrice et équilibrée, celle-là même qui martelait sans répit "Again, again, again". La thérapie par la musique, thème décidément à la mode depuis la sortie des choristes, est ici traitée avec une infinie justesse.
De battre mon coeur..., film extrêmement prenant, nous entraîne dans une histoire de vie où chacun se reconnaîtra.
Magnifiquement filmée et co-écrite par Jacques Audiard et Tonino Benacquista (déjà co-auteur de l’excellent "Sur mes lèvres"), elle nous offre l’opportunité de décerner une mention particulière à Romain Duris, criant de vérité et un seul commentaire : Bravo !
On en redemande...

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