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FREE WANADOO, GUERRE DE GROS SOUS

mardi 21 janvier 2003, par Rezki Mammar

Des abonnés de Wanadoo empêchés de surfer sur les sites de Free ou encore d’y relever leur courrier électronique, c’est l’une des conséquences de la petite bagarre entre fournisseurs d’accès. Sauf que les deux opérateurs s’affrontent en prenant en otage les internautes, une maladresse qui pourrait bien provoquer la colère des utilisateurs. Récit du premier épisode.


La guerre entre les fournisseurs d’accès vient de commencer avec les internautes dans le rôle des victimes. Pour la première fois, les abonnés du premier opérateur français ont été privés d’accès à toutes les pages d’un service concurrent, celui de Free. La crise a heureusement pris fin, au terme de trois jours de pressions de part et d’autre.

Le conflit couve depuis novembre dernier entre Wanadoo et Free. A l’époque, le peering, c’est à dire le lieu de passage entre les deux réseaux est saturé. Avec l’arrivée du haut débit, 1 G bit/s (un million de bits par seconde) devenait insuffisant pour faire transiter l’information. Conséquence, les abonnés d’un opérateur ont du mal à télécharger les pages du fournisseur d’accès concurrent. Résultat : les utilisateurs rament pour afficher les pages demandées. « Impossible d’accéder à certains sites que je consulte régulièrement car ils sont hébergés par free/proxad », explique par exemple Benoit, abonné à Wanadoo de Villebon sur Yvette. Au bout de plusieurs semaines de galère, certains clients ont clairement décidé de changer de fournisseur.

Logiquement, la solution consiste à augmenter la bande passante pour que tout reparte dans l’ordre. Mais tous le monde se doute bien que France Télécom, propriétaire de Wanadoo, n’allait améliorer le trafic qu’en échange de contreparties financières. Pour Free, pas question de payer le moindre sou, car pour lui les abonnés de Wanadoo sont à l’origine de l’encombrement du réseau. Que France Télécom fasse payer sa filiale.

Internet coupé en deux

Les semaines passent et le problème a continué à s’aggraver. Le 20 janvier, peu avant minuit, Free décide de réagir par la force en bloquant l’accès à ses pages aux internautes wanadiens. Voilà donc le Web français coupé en deux. Mais le black listage utilisé par Free a apparemment porté ses fruits en peu de temps. Le 21 janvier au soir, France Télécom recule et annonce qu’il règle le contentieux en augmentant la bande passante du peering de 1 à 2,5 G bps.

A son tour, Free a supprimé le blocage à ses serveurs. Mais il s’agit pour l’instant d’un dénouement à court terme. Pour une réelle sortie de crise, les deux fournisseurs d’accès devront s’asseoir à la table des négociations et se mettre définitivement d’accord sur le peering. D’autant que le fonctionnement de ce genre de technologie doit faire l’objet d’accord négociés.
« Et encore une fois, nos chers amis de France Telecom abusent de leur position dominante » constate Emmanuel Rousselot, abonné à Wanadoo et signataire d’une cyber-pétition pour l’amélioration du peering. Une pétition en ligne ? Oui, à l’initiative de plusieurs sites, dont les Wanadiens en colère, un mouvement d’internautes d’abonnés à l’opérateur historique, l’appel aurait recueilli quelques 3 792 signatures. France Télécom a d’ailleurs fait passer la bande passante à 2,5 G bit/s, soit exactement ce que voulaient les signataires.

Haro sur Wanadoo

Il est encore trop tôt pour crier à la victoire de Free. En revanche, dans cette affaire tous les protagonistes sont unis contre France Télécom et pourraient bien sonner la charge pour forcer le leader à lâcher du lest.
La concurrence accuse l’opérateur historique français d’abus de position dominante. De leur côté, les clients de Wanadoo dénoncent la mauvaise qualité du service aussi bien en bas débit qu’en ADSL. Sur le site des Wanadiens en colère, on trouve en condensé ce que vivent des millions d’internautes français au quotidien : des déconnections intempestives jusqu’aux attentes interminables au téléphone lorsqu’on appelle le service clients. Plus grave, l’association dénonce des débits inférieurs à ce qui est annoncé lors des contrat.
La guerre parait donc loin d’être terminée.

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