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INTERVIEW :

JACQUES HÉBERT OU LA NOUVELLE ATLANTIDE

vendredi 9 janvier 2004, par Jean Christophe Grellety

Jacques Hébert, une pipe aux lèvres, ressemble trait pour trait au « vieux-loup-de-mer » tel qu’on se l’imagine, ayant d’ailleurs dans sa jeunesse et à deux reprises accompli le tour du monde sur un bateau norvégien . Sa carrière professionnelle s’étant finalement achevée au sein de la police comme commissaire divisionnaire, aujourd’hui en retraite, Jacques Hébert se signale désormais à l’attention générale en publiant chez Carnot - l’éditeur de l’ouvrage très controversé « l’effroyable imposture » - un essai intitulé : « Atlantide, la solution oubliée ». Cet ouvrage, inscrit dans la collection « Orbis Enigma » (ce qui en dit long...), est-il l’ultime avatar de la recherche d’un paradis perdu ? Pour beaucoup, l’identité sociale de l’auteur, commissaire de police, sonnera a priori le glas de ses recherches. Sans le lire, ils condamneront ce néophyte empêcheur de tourner en rond. Pourtant, tel Socrate (qui n’était ni un professionnel de la philosophie ni de l’archéologie), Jacques Hébert s’octroie le droit de penser. N’en déplaise aux esprits chagrins, son essai historique, remarquable, pourrait bien faire date. Car Jacques Hébert est un travailleur, au sens noble du terme : avec mémoire, méthode, organisation, raisonnement, innovation, il prend en charge le dossier « Atlantide » pour tenter de lui porter l’estocade, d’en délivrer « la solution ». Dans sa grande maison des Yvelines, l’auteur a accepté de répondre, pour Vox Populi, à quelques questions :

* JCG :
Jacques Hébert, comment en êtes-vous venu à vous intéresser aussi sérieusement à ce sujet sulfureux et complexe ?

* JH :
Après une vie professionnelle bien remplie, je me suis retrouvé « conseiller culturel » du Cercle National des Commissaires de Police, une association dédiée aux Commissaires en retraite. Pour la revue de cet organisme, il m’a été demandé un premier article, que j’ai consacré aux déformations crâniennes du pharaon Akhenaton et des prêtres mayas. Ce dernier n’ayant suscité aucun intérêt, je me suis dit, un peu par hasard : et l’Atlantide ? A cette époque, je ne connaissais rien de particulier ni de sérieux sur « le continent englouti ». Pour savoir, j’ai donc lu.

* JCG :
Platon...

* JH :
Oui, bien sûr, Platon, et en particulier le Timée et le Critias.

* JCG :
Le Critias est un texte que vous ne lâchez pas... Car vous le raisonnez. Lire stricto sensu ne suffit pas.

* JH :
En effet. Nous pouvons lire par exemple le récit de sa conquête des Gaules, mais nous ignorons où les armées romaines dirigées par César ont affronté les tribus gauloises, puisque nous ne savons toujours pas avec exactitude où se trouve "Alésia" ! J’ai donc lu tout d’abord le texte dans une traduction de Pradeau, publiée par « Planète », la revue disparue de Louis Pauwels. Et en lisant, j’ai buté sur le passage mentionnant « le détroit qui selon votre tradition s’appelle les colonnes d’Hercule ». En effet, selon le récit de Platon, l’île est supposée se trouver "au-delà". Or, les territoires contrôlés par cet empire sont censés être proches de l’Egypte (puisqu’il contrôle la Lybie- en fait l’Afrique - jusqu’à l’Egypte) et de la Grèce (puisqu’il tient l’Europe jusqu’à la Thyrennie). Or, ni le prêtre égyptien qui raconte l’histoire, ni Solon qui l’écoute et lui répond, ne parlent un seul moment du peuple Atlante : qui était-il, quelle était sa race, son apparence physique, sa langue etc... Pourquoi ? N’y eut-il aucun survivant ? Impossible, car justement ceux qui tenaient tous ces pays cités dans le texte étaient à des milliers de kilomètres de leur île, leur mère patrie, quelque soit l’endroit où elle pouvait se trouver. Eux n’ont pas été touchés par ce gigantesque tremblement de terre et ont donc survécu, bien que le récit n’en parle pas. C’est pourquoi, puisqu’il y eut des survivants, et que ni le prêtre ni Solon ne les mentionnent, les descendants de ces survivants étaient bien connus d’eux, et plus encore que ces rescapés vivaient toujours à leur époque, en 600 avant notre ère. J’ai donc progressé étape par étape, sans savoir où j’allais.

* JCG :
Nous devons garder systématiquement à l’esprit que cette relation entre le prêtre et Solon n’était pas évidente et facile, puisque l’un était égyptien, et l’autre grec. Se comprenaient-ils bien ? Que savait vraiment le grand prêtre ? Il disposait d’un très ancien papyrus. Ce papyrus racontait-il un évènement qui avait eu lieu dans l’Atlantique ?

* JH :
Rien n’est moins sûr, d’ailleurs interrogez-vous sur le fait qu’à aucun moment ce vieux prêtre ne cite le nom de la mer méditerranée qui était pourtant la seule mer connue et commune aux Grecs comme aux Egyptiens ! Selon des informations sûres, scientifiques, ni les Grecs ni les Egyptiens à une date aussi reculée de leur histoire ne connaissaient l’Atlantique, puisqu’ils ne contrôlaient pas le commerce en Méditerranée. C’était le fait des Phéniciens qui en interdisaient l’accès avec leurs navires de guerre. Le rédacteur de ce très ancien papyrus ne pouvait connaître l’Atlantique. Le vieux prêtre qui récite le texte écrit ne peut donc faire référence à cet Océan. On le sait désormais : les Egyptiens n’ont pu élaborer une carte à peu près correcte de l’Afrique qu’à partir du moment où le Pharaon Nechao II eût envoyé une expédition qui en fit le tour, depuis la Mer Rouge (vers 600 av JC environ). Son retour précède d’une dizaine d’années le récit du vieux prêtre. Malgré ces informations, j’ai tout de même failli abandonner. Car lorsque le prêtre raconte qu’« aujourd’hui encore cet Océan de là-bas est difficile et inexplorable... », il est évident qu’il ne sait pas exactement où se trouve la mer abritant l’île - qu’il qualifie simplement de “lointaine”. Il ne parvient même pas à dire à Solon si elle se trouve du côté du soleil levant ou du soleil couchant. Mais j’ai finalement compris que seule la topographie du détroit, décrite dans cet ancien papyrus, n’avait pas changé. Quelque soit le nom que les premiers marins égyptiens, des milliers d’années auparavant, avaient pu donner à la mer et au détroit qui les séparaient d’un océan, la description indiquait qu’il y avait une grande montagne à gauche : les montagnes du Yémen pour le détroit de Bab el Mandeb et le rocher de Gibraltar pour les colonnes d’Hercule, avec une petite île qui en contrôlait le passage - l’ile de Persil pour les colonnes d’Hercule et celle de Périm pour le détroit de Bab el Mandeb... situé à la sortie de la Mer Rouge. C’est ainsi que le prêtre dit à Solon , comme la description du détroit dans son papyrus correspondait presque exactement à celle que les marins de Néchao firent de Gibraltar lorsqu’ils pénétrèrent en méditerranée : "le détroit qui selon votre tradition est appelé...". Toute l’erreur vient de là.

* JCG :
Avant de disparaître, l’Atlantide est avant tout un lieu dont la civilisation a frappé les visiteurs par ses monuments, ses réalisations de génie civil, son organisation, ses inventions etc... que Platon, et à l’origine le vieux papyrus, décrivent à loisir.

* JH :
Oui. A la date probable de la découverte de l’île sous l’ancien Empire par des marins égyptiens ( 5ème dynastie), l’Egypte va certes connaître le rayonnement du Pharaon Kheops, mais la civilisation égyptienne n’en est qu’à ses balbutiements. Ce qu’ils ont vu dans cette île les a profondément impressionnés. Ils ont sans doute importé ces avancées techniques pour leur propre service. Nul ne connaît par exemple l’origine d’Imhotep, l’architecte de Saqqara (autrement écrit Saqqhara). Or, les Atlantes décrits par Platon étaient apparemment capables de construire ces lieux, ces temples, ces pyramides.

* JCG :
Que pensez-vous de cette attaque soudaine décrite par Platon des Atlantes contre l’empire égyptien, les cités grecques dans leur ensemble et d’autres peuples ?

* JH :
Selon moi c’est impossible. Je m’explique : tout d’abord, il est inconcevable qu’un Empire contrôlant autant de territoires ait pu avoir des visées sur ses voisins directs sans que l’histoire n’ait à aucun moment retenu son nom, surtout de la part des égyptiens qui notaient tout. Ensuite, comment pouvez-vous expliquer, je cite, qu’ « en l’espace d’un seul jour et d’une nuit funestes » donc de 48 heures, l’armée grecque disparaisse sous la terre et que l’île s’enfonce sous la mer à la suite « de tremblements de terre terribles », si ce n’est en admettant que c’est le même tremblement de terre d’une énorme amplitude qui est la cause de ces deux cataclysmes ? Si vous suivez mon raisonnement, cela implique que les grecs étaient tout proches de l’île et puisque selon Platon, l’attaque des Atlantes a été soudaine et brutale, il faut se demander pourquoi l’armée hellène était si proche de l’Atlantide.

* JCG :
Mais alors comment les Atlantes, s’ils étaient si puissants et si savants, ont-ils pu disparaître dans un tel « anonymat » ?

* JH :
Tout d’abord je répète que tous n’ont pas disparu et que le peuple soi-disant Atlante à continué à vivre bien à l’abri dans ses villes et ses ports fortifiés, à l’époque d’Alexandre le grand et même du temps des romains. Cet « anonymat », comme vous dites, est une preuve supplémentaire que ce peuple était un peuple de commerçants, non de guerriers. Ils n’ont donc pas laissé de traces dans les écrits, les stèles des empires ou des royaumes de cette époque, puisqu’ils n’ont pas livré de batailles contre eux.

* JCG :
Oui, mais cet aspect n’est pas directement lisible dans le récit de l’Atlantide, à moins que l’on ne considère que la volonté de Zeus pour punir des Atlantes dégénérés soit la cause de leur destruction ! Les faits prennent une part importante dans la démonstration de votre thèse. Par exemple : quel est le peuple qui à l’époque que vous indiquez tenait la Libye, jusqu’à l’Egypte et la Tyrrhénie ?

* JH :
Les Phéniciens. Mais nous avons des preuves qu’un évènement de dimension planétaire s’est produit il y a 3500 ans. A la Réunion, des géologues ont trouvé des éléments qui attestent d’une activité volcanique très importante. Ce fut également le cas à Pompéi et à Santorin, où les Mycéniens ont eux aussi disparu dans une catastrophe qui a d’ailleurs parfois été identifiée à celle de l’Atlantide.

* JCG :
Mais où se trouve donc l’Atlantide ? Selon votre thèse, elle ne pourrait pas correspondre à une île qui se trouverait au-delà du détroit de Gibraltar.

* JH :
En effet, Socotra ne se trouve pas dans l’Atlantique, mais dans l’Océan Indien à la sortie du golfe d’Aden. Nos connaissances géologiques de Socotra s’apparentent à la description fournie dans le Critias d’une île qui s’est enfoncée dans la mer. Car le socle réel de l’île est connu par des photographies prises par satellite, et sa forme ressemble bien sûr étrangement à la forme indiquée par Platon. En outre, l’écorce terrestre dans cette région est la plus mince au monde, environ 10 à 15 kilomètres d’épaisseur au lieu des 50 constatés presque partout ailleurs. Ceci est dû à la pression énorme créée par trois plaques tectoniques à cet endroit bien précis. De plus, Socotra possédait une position idéale pour assurer le contrôle du commerce maritime qui pouvait exister entre le 3 ème et le second millénaire avant notre ère entre l’égypte, la Mésopotamie, et l’Inde... à savoir : la plus vieille zone du développement intellectuel humain.

* JCG :
A votre connaissance, des recherches archéologiques sont-elles prévues, non seulement sur l’île, ce qui est actuellement le cas, mais autour de son socle sous-marin ?

* JH :
Est-ce que le Yémen arabe est très favorable à des recherches qui concernent l’île pré-islamique ? Je ne sais...

* JCG :
Mais si votre thèse convainc de plus en plus de personnes à travers le monde, la pression sera alors telle que des fouilles pourront enfin voir le jour. C’est ce que nous vous souhaitons, car le travail d’étayement de votre thèse doit continuer. Ses bases sont sérieuses, mais il faut le poursuivre.

* JH :
J’ai fait mon travail. J’attends de le discuter, avec ceux qui le souhaitent. Aussi surprenant que cela puisse paraître, j’attends même des contradicteurs. Je n’en ai pas peur, mais je demande simplement que l’on me lise, sérieusement.

Propos de Jacques Hébert recueillis par Jean-Christophe Grellety. Janvier 2004


"Les grands mystères de l’histoire", hors-série n°5, mai 2006 : une nouvelle parution sous forme de magazine dans le réseau des kiosques et des maisons de presse.

Messages

  • Bonjour,

    c’est un lien pour Jacques Hébert :
    Le Livre de Ben Leslie parle d’Atlantis et Socotra en 1911.

    Meilleures Salutation,

    Peter Palme

    Voir en ligne : Submerged Atlantis Restored 1911

    • Merci pour cette information. Je vais vérifier si Jacques Hébert fait référence à cet ouvrage dans sa bibliographie ou s’il l’ignorait...

      Voir en ligne : L’action littéraire

    • Information à l’attention de Jacques Hébert et tous ceux que ça intéresse :

      La seconde conférence internationale sur l’Atlantide aura lieu à Athènes, les 10 et 11 novembre 2008.

      Contact :

      Tina Fragkaki
      Manager Conference Dept.
      Heliotopos Conferences
      28 Ypsilantou str. GR-172 36, Dafni
      Athens, Greece

      Tel. +30 210 9730697
      Fax. +30 210 9767208

      e-mail : atlantis@heliotopos.net

  • Suite à la liquidation judiciaire de la maison d’édition Carnot, l’ouvrage publié par cette maison d’édition n’est plus disponible. L’ouvrage vient de reparaître, sous un format différent (A4), dans une collection "Histoire-Esotérisme", "Les grands mystères de l’Histoire", en tant que Hors-Série, sous le même titre, "l’Atlantide, la solution oubliée", et représente désormais un total de 80 pages, au prix de 20 euros. Cet ouvrage est donc publié sous la forme d’un magazine et diffusé dans le réseau des maisons de la presse. Si vous ne trouvez pas d’exemplaire ou que votre marchand de presse ne fait pas le nécessaire, vous pouvez commander un exemplaire, à ce même prix, à ExportPress, 91 rue de Turenne, 75003 Paris.

    Voir en ligne : L’action littéraire

  • Cher Messieux,

    En 2005 j’ai decouvrit " Atlantis " comme
    Pays de AD en ADEN devant Socothera !
    A Suivre...........

    Voir en ligne : " Prof" MUSTER

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