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Caramba ! J’aurais bien aimé participer à la liste des interviewés...
Qu’un sociologue politiquement incorrect (car proche de Bourdieu, vis-à-vis duquel j’ai quelque respect pour avoir eu la chance en fac de participer à un ouvrage qu’il avait postfacé) donne son nom à un collège, ça ne me gêne aucunement. Que ce collège soit à Nanterre, ville sur laquelle ce même savant a travaillé, ça semble parfaitement logique. Mais qu’on en fasse un problème d’origine ethnique, là, pour moi, ça coince, et je n’aimerais pas être à la place des élus en charge de ce dossier.
En effet, qui va bénéficier d’une telle démarche ? Les élèves ? Peut-être, mais rien n’est moins sûr, car porter le nom d’un savant que l’on pose comme savant, mais également comme porte-parole d’une communauté n’améliorera probablement pas leur sort.
Du FN ? A coup sûr ! Surtout après la boucherie de Nanterre qui reste dans tous les esprits. Et il est à parier que par ricochet, certains parents d’élèves issus de l’immigration française :-) (il en reste), sensibles à ce qu’ils ressentiront comme une nouvelle agression, n’inscriront pas leur gamin dans ce collège, contribuant ainsi à accroître la ghettoisation, sur le thème : "Tu veux "ton" collège ? Reste-y !".
Et s’ils n’ont pas le choix, faute de moyens, ils n’en ressentiront que plus de rancœur...
Nous sommes dans un système qui se mord la queue : c’était au pouvoir politique de porter, à lui seul, un tel projet dans la sérénité. Le problème, c’est que tous les dés sont pipés.
Si le pouvoir fait un geste fort (surtout en 2007 !!!), on parlera de clientélisme.
Puisque de toute façon, il ne fait que suivre une association communautaire, on parlera de lobbying. Mais en période non électorale, le pouvoir n’aurait jamais envisagé un tel débat... tout simplement parce qu’il s’en fout !
Il s’agit donc bien de clientélisme et de lobbying, avec des effets qui seront dévastateurs. Je constate avec amertume que personne, ni les associations communautaires, ni les pouvoirs publics, n’a retenu quoique ce soit du séisme de 2002.
La priorité aujourd’hui, ce n’est pas de voir des noirs à la télé ou de baptiser un collège dans ces conditions, mais de rendre l’accès équitable, et ce de toute urgence, au logement, au pouvoir d’achat, à la culture, à la citoyenneté, et ce pour tout le monde.
Car comme disait mon arrière grand-mère, paysanne normande qui ne manquait pas de bon sens, "Quand il n’y a plus de foin dans l’écurie, les chevaux se battent".
Dès lors, je crois que les pauvres, communautaires ou non, se trompent de combat et surtout de cible. En ce sens, ils font le jeu de tous les pouvoirs...
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