Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/voxpopuli/www/config/ecran_securite.php on line 317
HALTE AUX NON-FUMEURS INTÉGRISTES ! - vox-populi.net

Accueil > Rive droite, rive gauche > HALTE AUX NON-FUMEURS INTÉGRISTES !

HALTE AUX NON-FUMEURS INTÉGRISTES !HALTE AUX NON-FUMEURS INTÉGRISTES !

Lettre ouverte aux talibans du sanitairement correct...

mercredi 12 juillet 2006, par Gaëlle Sartre Doublet, Toffeur

Non-fumeur modéré, ne te méprends pas : cette charge en règle n’est pas dirigée contre toi. Je comprends parfaitement que l’abus de fumeurs inciviques ait engendré certaines crispations et qu’un texte législatif, garantissant les droits des uns et la liberté des autres, ait vu le jour, même s’il est toujours regrettable d’avoir recours à la loi pour savoir vivre ensemble.

La clope : ça pue et c’est pas bon pour la santé

Tu vois, non-fumeur modéré, moi qui fume allègrement mes deux paquets de XXXXX par jour, je suis de ton côté : la cigarette des 8H00 du mat’ en milieu confiné qui te donne envie de vomir ton petit déjeuner et s’incruste sur ton parfum Dior, je connais. Je partage aussi ton exaspération à recevoir en pleine figure la bouffée de fumée de ton voisin indélicat au moment même où tu t’apprêtais à savourer de bon coeur la spécialité du chef de ton resto préféré. Sincèrement, je compatis. Je n’ose d’ailleurs évoquer les soirées qui te sont infligées dont, seul à absorber les effluves cancérigènes de dizaines de stressés qui refont le monde - voire se trémoussent sur une piste de danse - tu es fatalement exclu, faute d’oxygène.

Loi Evin

Donc, ami citoyen, vois-tu, nous partageons les mêmes valeurs : le respect de l’autre. Crois-moi si tu veux, mais même du temps où la loi n’existait pas, je sortais, dès qu’on me le demandait, fumer mon calumet dehors.
Quand la loi Evin est arrivée, j’en ai parfaitement compris les motifs. Mais j’ai également déploré le recours à la législation version américaine, plutôt qu’à la conscience civique. D’aucun me rétorqueront qu’elle était un peu dure de la feuille. Certes. Mais quels moyens sérieux de communication et de sensibilisation avaient été mis en place avant cette fameuse loi ?

Marché de dupes


Au début, on nous a dit : "il faut respecter les non-fumeurs". Personnellement, j’étais à 100% d’accord. A la fac, je n’avais plus le droit de fumer en cours (je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans...), mais j’étais admise dans les couloirs (lieux de passage) et dans la salle de repos (d’ailleurs, depuis l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics, cet espace fut déserté, puis réemployé à un usage purement administratif : force est de constater que les non-fumeurs intégristes qui nous en ont chassés n’en ont pas fait un lieu de vie).
Au début, on nous a dit : "halte aux fumeurs dans les bus urbains". Sur le coup, j’ai pris ça pour une bénédiction : ce mélange de sueur, de parfum et de tabac était proprement insupportable. Pour une durée d’une heure de trajet maximum, chacun pouvait tout de même parvenir à vivre en harmonie.
Puis... vint le temps de mon dernier voyage long courrier, où existaient déjà des cabines séparées, avec, pour le "compartiment fumeur", des extracteurs de fumée. Je ne mesurais pas ma chance. 23 heures de vol, en 1996 : un fantasme inaccessible depuis.

De la dépendance à la délinquance : une perversion des nouveaux moralistes

Car, comme par vengeance, est venue l’ère des cons.
Trains, avions, métros, taxis, concours, boulot : exclusivement non-fumeurs.
Mon bureau, pourtant isolé dans une aile de bâtiment indépendante ? Non-fumeur ! Là, je l’avoue, j’ai décidé de braver le tabou. Les murs n’ont à ce jour pas encore porté plainte, mais certains de mes collègues, bien intentionnés, font tout de même le crochet pour m’indiquer, zélés, que "ça ne se fait pas", quitte à s’en griller une, lâchés, dans mon bureau. Heureusement que je fume, sinon nous n’aurions rien à nous dire...
Ce qui les dérange vraiment ? Mon indépendance. Je n’ai pas eu besoin d’une loi pour respecter autrui, et je ne tolère pas qu’autrui se réfugie lâchement derrière la législation pour m’empoisonner l’existence.
Non fumeur modéré, tu me comprendras : du moment que je ne te pollue pas, tu trouveras normal que je puisse avoir un compartiment fumeur, loin de toi et avec extracteur de fumée (un luxe, car moi aussi j’étouffe), afin d’effectuer un voyage à l’autre bout du monde comme mes 5 heures de train pour rejoindre Paris.

Non-fumeur intégriste, ton cas est différent : tu cherches clairement mon extermination. Sur 23 wagons Marseille-Bordeaux, tu n’en tolères aucun qui soit fumeur. Tu sais à ma place ce qui est bon pour moi, tu ne supportes même pas la vue d’un paquet de cigarettes, susceptible d’être incitatif pour toute personne peu douée de raison. Tu ne vas pas en boîte, ni au restaurant, encore moins dans les bars : l’alcool tue.
Pourtant, tu milites activement pour rendre tous ces endroits exclusivement non-fumeurs. Ta vision est étroite, ton monde aussi.

Il t’arrive, non-fumeur intégriste, de prendre ta bagnole bourré d’anxiolitiques. Mais toi, tu as le droit pour toi. Il t’arrive également de m’agresser en pleine rue, à l’air "libre", totalement pollué par les pots d’échappement.
A court d’arguments, tu m’assènes parfois que je coûte cher à la sécurité sociale. Mais sais-tu, non-fumeur intégriste, que 15% des fumeurs partent d’un cancer du poumon et que chaque paquet de clopes véhicule 85% de taxes ?
Au risque de te décevoir, mon cancer, je me le paie et je ne te dois rien.
Tu mourras en bonne santé, c’est tout ce que je te souhaite. Rien de tel qu’un corps sain correspondant aux normes internationales du bien mourir pour partir serein. Vois-tu, je t’envierai presque, à un détail près : je finis par penser que mon cas te donne une raison d’exister. Tu t’es trouvé un combat à la hauteur de tes ambitions. Quand tu m’auras éradiquée, que te restera-t-il ?
Non-fumeur intégriste, le monde va te paraître bien triste, sans moi...

PS : lu à Paris, dans le 18ème, sur un mur :


Faut croire que je ne suis pas la seule...

NB : Les dessins sont la propriété de son auteur, Toffeur.
Toute reproduction, même partielle, est malvenue sans l’accord exprès du créateur.
Retrouvez-le sur son site : http://toffeur.canalblog.com/.

A lire aussi :
- Dans la même veine, mais sur l’alcool cette fois, "Les temps changent".

- "Drogues et pouvoirs publics : deux poids, deux mesures ?"

- Enfin, un peu d’humour :


Fatal error: Call to undefined function interdit_html() in /home/www/voxpopuli/www/tmp/cache/skel/html_f008c6ead8c91b533a2359ed907369e6.php on line 425