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Cours n° 23

LA VIOLENCE

samedi 16 octobre 2004, par Gaëlle Sartre Doublet

Sur la pendaison de Saddam Hussein, nous avons tout lu, tout entendu. Pourtant, elle n’est que le dernier avatar d’une violence sous-jacente jamais contenue, à côté de laquelle la paix, chèrement acquise, régit toute forme de société.
La force des pays et des êtres humains qui respectent les droits de l’homme, c’est d’avoir compris que la raison devait prendre, pour notre savoir vivre ensemble, le pas sur l’instinct. Y compris celui de revanche...

Depuis plusieurs années, des observateurs attentifs évoquent une « recrudescence de la violence » dans le monde contemporain. Cependant, on aurait du mal à trouver dans l’histoire une période ou une civilisation exempte de toute violence : nous semblons devoir cohabiter avec elle, en la générant et en la subissant tour à tour.

Néanmoins, en dépit de sa quotidienneté, la violence nous surprend et nous apeure sans cesse. Pourquoi ? C’est-à-dire exactement : si nous engendrons la violence, pourquoi la craignons-nous et au nom de quoi condamnerions-nous ce qui semble faire partie intégrante de notre être ?
Afin de répondre à ces questions, nous tenterons d’expliquer précisément ce qu’est la violence pour ensuite cerner dans quelle mesure il est possible de prétendre qu’elle est inhérente - ou non - à une certaine « nature humaine ».

A priori, nous pourrions définir la violence ainsi : elle est l’usage de la force . Cependant, en y regardant de plus près, nous pouvons clairement nous apercevoir que le vent ou le dictateur ne sont pas violents de la même manière : il existe une intention de la violence chez le dictateur qui est totalement absente du phénomène du vent. Autrement dit, le vent, s’il détruit par la force, ne désire nullement détruire quoi que ce soit ; il le fait, c’est tout.
En fait, il semble que ce soit l’homme qui personnifie le vent, lui attribuant une intention, lorsqu’il déclare le vent violent. Le vent ne saurait en effet faire usage de la force, puisqu’il est lui-même une force. Affirmer que le vent est violent relève donc d’un abus de langage.

Dès lors, nous pourrions supposer que seuls les animaux et l’homme sont capables de violence, dans la mesure où seuls, ils feraient littéralement usage de la force.
Pourtant, une différence de taille existe entre la violence animale et la violence humaine : les animaux n’ont qu’un pur rapport instinctif avec la violence (ils se battent parce qu’ils sont en rut, ou bien pour se nourrir), mais demeurent dans un comportement statique et immuable vis-à-vis d’elle. Seul l’homme est capable de créativité et d’imagination en la matière ; l’histoire des appareils de torture suffirait amplement, s’il était nécessaire, à en témoigner.
C’est pour cette raison que l’homme est le seul à vouloir faire usage de la force et qu’il peut décliner la violence sur divers modes, qu’ils soient physiques ou psychologiques. Il existe donc bel et bien une spécificité de la violence humaine .

Il semble en conséquence légitime d’affiner notre définition première de ce qu’est la violence : elle est le vouloir faire usage de la force créatif , et est à ce titre essentiellement humaine.

Cependant, un nouveau problème se pose alors à nous : vouloir, c’est vouloir quelque chose, c’est tendre vers un but. Quel est donc le but de la violence ? A priori, son projet est de contraindre. En effet, lorsque je recours à la violence, je contrains toujours quelqu’un à faire ce qu’il ne désire pas.
Ainsi, par exemple, dire que je violente une porte semble être une expression inappropriée dans la mesure où, si j’ai l’intention de faire usage de la force, la porte, elle, n’a aucune intention de me résister. C’est moi qui, de nouveau, vais personnaliser la porte en déclarant qu’« elle me résiste ». Violenter, c’est donc toujours violenter quelqu’un, c’est-à-dire le contraindre à abandonner son désir au profit du mien.

Nous parvenons dès lors à une définition définitive de la violence : elle est le vouloir faire usage de la force créatif, à des fins coercitives. Dans ce cadre, il est à noter que je peux aussi me contraindre moi-même, c’est-à-dire que je peux opposer un de mes désirs à un autre de mes désirs, afin de le faire taire : c’est alors que « je me fais violence ».

La violence apparaît donc comme le propre de l’homme : c’est par lui qu’elle est générée, et c’est encore à lui qu’elle s’adresse. Cependant, ce dernier la redoute et la fuit, créant nombre de lois ou de dogmes visant à s’en protéger. Cette situation semble paradoxale : la violence ne va-t-elle donc pas de soi dans le comportement humain ?
Face à ce problème apparemment inextricable, car il fait appel à une certaine conception d’une « nature » humaine, Thomas Hobbes nous fournit à ce sujet l’une des meilleures réponses.
En effet, pour T. Hobbes, ce qui caractérise l’homme est qu’il est un être de désirs. Or, la violence naît de la confrontation de désirs antagonistes des hommes entre eux. Autrement dit, l’homme n’est pas naturellement violent, il le devient pour parvenir à la satisfaction de ses désirs. En fait, dès qu’il y a deux hommes en présence, c’est-à-dire deux volontés différentes qui s’opposent, il y a tendanciellement violence.
Or, si l’homme est un être de désirs, il est également un être raisonnable et c’est pourquoi, parallèlement, il redoute la violence d’autrui qui peut s’emparer de son désir le plus cher : son désir de vivre. C’est ce désir de vivre, se transformant, face à la violence d’autrui, en crainte de la mort (à l’image du conatus de Spinoza), qui pousse l’homme à pactiser : je renonce à mon pouvoir de violence (et donc à la réalisation potentielle de tous mes désirs), à condition qu’autrui y renonce également, afin de préserver mon désir suprême, celui de vivre.

Il ne se passe rien d’autre lorsque les hommes élaborent et adoptent des lois : renonçant à utiliser leur propre violence, ils se protègent en même temps de celle d’autrui. C’est dans ce cadre que se pose le concept de la légitime violence : si l’autre reprend son droit à la violence, ai-je le droit d’en faire autant ?
La réponse, tant d’un point de vue hobbésien que juridique, est évidemment positive. Mais elle ne saurait se dispenser d’être juste et proportionnée.

Nous le voyons, la violence ne disparaît pas avec la création des lois. Les lois n’existent que pour tenter de gérer cette violence, née du fait de notre vivre en société. Ainsi, tant qu’il y aura société (et il y aura toujours société puisque l’homme est un animal social), il y a violence. Cependant, si les lois existent pour la gérer, nous pouvons dire, en quelque sorte que la morale (dogmatique) est là pour l’amoindrir. En effet, par la morale, j’intériorise depuis ma plus tendre enfance le fait que la violence est un « mal » absolu. Si cette intériorisation s’est bien déroulée, je serais plus à même de ne plus vouloir faire usage de la force.

C’est sans doute pour cette raison - entre autres - que l’opinion se lamente sur la disparition lente de la morale dogmatique : la désagrégation de la morale fait peur. Elle constitue en effet un risque aux yeux de l’opinion d’un retour à un certain « état de nature » hobbésien. Cependant, craindre la disparition de la morale dogmatique, c’est méconnaître les raisons éthiques qui ont poussé les hommes de la fiction hobbésienne à pactiser. Elles seules sont suffisamment solides pour nous rappeler, au-delà des temps et des modes, au nom de quoi il faut respecter la loi démocratiquement reconnue de tous : pour vivre.

Parce que la violence est générée par l’homme et s’adresse à lui, elle ne fait pourtant pas partie d’une quelconque « nature humaine » : elle naît juste de la confrontation de nos désirs avec ceux d’autrui à l’intérieur du vivre en société. On ne peut espérer voir disparaître la violence. Tout au plus pouvons-nous parvenir à la gérer, grâce aux lois, et surtout grâce aux raisons éthiques qui nous poussent, au nom de notre désir de vie, à les respecter.

L’approche du sujet étant posée à propos de ses enjeux, passons à présent à ce qui pourra constituer le corps de votre devoir et/ou de votre réflexion propre...

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I) DISTINCTION FORCE / VIOLENCE

Comme nous l’avons vu, il convient de distinguer la force (le vent est une force) de la violence qui est la volonté de recourir à la force pour forcer l’adhésion.
La spécificité de la violence humaine est que cette volonté est imaginative et créatrice, alors que la « violence » animale est purement instinctive.

II) LES CAUSES DE LA VIOLENCE


A ce sujet, il est impératif de consulter le cours sur Autrui, qui vous donnera pour clefs des auteurs essentiels, à lire absolument pour saisir ce thème ! [1]

- Cf. Hobbes, bien sûr, et son Léviathan : "Homo homini lupus" ou si vous préférez en français dans le texte, le fameux "L’homme est un loup pour l’homme".
- Cf. Hegel, La dialectique du maître et de l’esclave dans son ouvrage Phénoménologie de l’esprit. Il est clair pour lui que "toute conscience poursuit la mort de l’autre" !
- Cf. Freud, Malaise dans la civilisation :
La psychologie et la psychanalyse confirment, dans l’ensemble, l’analyse de Hegel. Freud, aux environs des années 20, a réfléchi sur la violence enfouie dans le cœur de l’homme, soulignant l’existence d’instincts de mort dirigés vers soi-même ou vers autrui. Il est possible, a-t-il montré, de mettre en évidence une agressivité « naturelle » à l’homme.
Néanmoins, et pour contrarier toute tentation de recourir à une quelconque « nature humaine », nous soulignons ici que si la pulsion de mort, thanatos, existe bel et bien chez Freud, Eros, la pulsion de vie, est par ailleurs bien présente dans ses théories. Si l’homme est effectivement capable d’agressivité naturelle, il ne faut pas nécessairement en déduire qu’il est « naturellement violent ». En effet, il convient de distinguer ici la violence, telle que nous l’avons définie, de l’agressivité, qui n’en est que le terrain de prédisposition.
- Sartre ou Autrui vu par le trou de la serrure... [2]

III) POSITIVITÉ DE LA VIOLENCE

La violence est une donnée de fait de notre existence, issue d’une multiplicité de facteurs (qui bien loin de se contredire, s’additionnent ou se complètent plutôt). Rien ne sert par conséquent de la critiquer sans relâche, sous peine de préférer les idées abstraites et les bons sentiments aux réalités. Et d’ailleurs, est-elle toujours négative ?
En vérité, la violence est ambiguë. Ce qui paraît condamnable sans retour, inconditionnellement, c’est la violence nue, gratuite, qui bafoue la rationalité et la justice, en un mot l’éthique :
« Réduite à elle-même, la violence est une absurdité pure, désespoir de l’humain. Le légionnaire romain tue Archimède ; le milicien nazi massacre le savant juif ou l’artiste non conformiste. La faiblesse de la violence nue est si évidente qu’elle doute de soi : chaque régime de force cherche, par tous les moyens, au besoin en se mystifiant lui-même, à s’autoriser le pire en se référant à une instance qui le dépasse »
Gusdorf, La vertu de la force

Que de crimes, en effet, aussi stupides que gratuits, n’ont été commis au nom de « Dieu », de « la pureté de la race » ou du « sens de l’histoire », par exemple ? Mais ceci ne vaut que pour la violence gratuite de masse, obligée, pour s’accepter, de recourir à des théories pitoyables (il suffit par exemple de lire Mein Kampf - « Mon Combat »- d’Adolf Hitler pour être convaincu de la pathétique faiblesse de raisonnement de telles doctrines).

Individuellement, la violence gratuite a bien du mal à s’ériger en système et se réduit à un catalogue d’« excuses » lamentables : « J’avais envie » ; « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé » ; « Je voulais m’amuser » ; "je ne savais pas" etc.
Cette violence-là, bien évidemment, est une offense à l’intelligence humaine et se révèle, dans tous les sens du terme, injustifiable.
Néanmoins, la violence, justifiée celle-là (par la défense de certaines valeurs liées à la personne humaine ou à la société) peut se révéler positive et constructive, voire rigoureusement indispensable. Ainsi, les résistants qui, pendant la seconde guerre mondiale, faisaient sauter des ponts ou des voies ferrées, mais également tuaient des hommes lorsqu’ils le jugeaient nécessaire, nous ont-ils permis d’échapper au monstre hideux et inhumain de l’holocauste.
Sans doute n’existe-t-il pas de guerre « juste », mais il existe des guerres et des actes de violence justifiables et conformes à des valeurs éthiques. Se taire et renoncer à la violence, dans ces cas-là, relève d’une « liberté d’indifférence », nom pudique de la « collaboration passive », qui équivaut purement et simplement à de la non-assistance à personne en danger.
A moins, évidemment, d’avoir l’envergure d’un Gandhi et de savoir changer le monde avec des mots...
Le résultat malheureusement, est souvent plus qu’aléatoire. Socrate : condamné à boire la ciguë ; Jésus, condamné à mort ; Gandhi : assassiné ; Martin Luther King : assassiné ; Salvador Allende, bombardé ; Andréi Sakharov, 5 ans de Goulag et 20 d’assignation à résidence en Sibérie ; Alexandre Soljénitsyne, 20 ans de goulag et exilé, Salman Rushdie : condamné à mort par la Fatwa... la liste serait longue.

Bref, pour être efficace, il faut parfois savoir passer à la vitesse supérieure. Cependant, il ne faut pas confondre la violence pure, gratuite et stupide, et « la violence en tant que moyen, parfois nécessaire, d’une politique rationnelle »
Raymond Aron, Histoire et dialectique.
Celle-là, décrite par Hegel dans sa Dialectique du maître et de l’esclave, est édificatrice et est à l’origine de la conscience et de l’histoire humaine.

Enfin, dans la perspective Marxiste de la lutte des classes, on peut également parler d’une violence révolutionnaire, accoucheuse de toute nouvelle société (Ex : la Révolution française).
La violence représente alors l’effort brutal et l’effet de contrainte inévitable de toute classe sociale désireuse de s’émanciper, de se dégager d’un pouvoir révolu en détruisant des formes politiques figées et mortes.

UN EXEMPLE CONCRET : LE "CAS" SADDAM HUSSEIN

Est-ce ainsi que l’on doive considérer la mise à mort par pendaison, au terme d’un procès expéditif, de Saddam Hussein ?
Certainement pas. Loin de correspondre à une politique rationnelle, la pendaison de Saddam Hussein ne répond qu’à l’urgence et à un seul chef d’accusation. Avec sa mort, de fait, les autres poursuites s’éteignent et nous ne connaîtrons jamais la vérité historique, privés de ce témoin capital. En dehors de ce motif, pratique, nous devons rappeler ici pourquoi la peine de mort est, dans toute société qui se prétend démocratique, éthiquement inadmissible, et ce quelques soient les crimes commis :
"Voici la première évidence : dans les pays de liberté l’abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée.
Ce partage du monde ne résulte pas d’une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, c’est bien qu’elle procède de l’idée que l’Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie. C’est par là que la peine de mort s’inscrit dans les systèmes totalitaires
"(...)
"Lorsque le roi représentait Dieu sur la terre, qu’il était oint par la volonté divine, le droit de grâce avait un fondement légitime. Dans une civilisation, dans une société dont les institutions sont imprégnées par la foi religieuse, on comprend aisément que le représentant de Dieu ait pu disposer du droit de vie ou de mort. Mais dans une république, dans une démocratie, quels que soient ses mérites, quelle que soit sa conscience, aucun homme, aucun pouvoir ne saurait disposer d’un tel droit sur quiconque(...)
Je sais qu’aujourd’hui et c’est là un problème majeur - certains voient dans la peine de mort une sorte de recours ultime, une forme de défense extrême de la démocratie contre la menace grave que constitue le terrorisme. La guillotine, pensent-ils, protégerait éventuellement la démocratie au lieu de la déshonorer.
Cet argument procède d’une méconnaissance complète de la réalité. En effet, l’Histoire montre que s’il est un type de crime qui n’a jamais reculé devant la menace de mort, c’est le crime politique. Et, plus spécifiquement, s’il est un type de femme ou d’homme que la menace de la mort ne saurait faire reculer, c’est bien le terroriste. D’abord, parce qu’il l’affronte au cours de l’action violente ; ensuite parce qu’au fond de lui, il éprouve cette trouble fascination de la violence et de la mort, celle qu’on donne, mais aussi celle qu’on reçoit.
Le terrorisme qui, pour moi, est un crime majeur contre la démocratie, et qui, s’il devait se lever dans ce pays, serait réprimé et poursuivi avec toute la fermeté requise, a pour cri de ralliement, quelle que soit l’idéologie qui l’anime. le terrible cri des fascistes de la guerre d’Espagne : "Viva la muerte !", "Vive la mort !"
Alors, croire qu’on l’arrêtera avec la mort, c’est illusion.
Allons plus loin. Si, dans les démocraties voisines, pourtant en proie au terrorisme, on se refuse à rétablir la peine de mort, c’est, bien sûr, par exigence morale, mais aussi par raison politique. Vous savez en effet, qu’aux yeux de certains et surtout des jeunes, l’exécution du terroriste le transcende, le dépouille de ce qu’a été la réalité criminelle de ses actions, en fait une sorte de héros qui aurait été jusqu’au bout de sa course, qui, s’étant engagé au service d’une cause, aussi odieuse soit-elle, l’aurait servie jusqu’à la mort. Dès lors, apparaît le risque considérable, que précisément les hommes d’Etat des démocraties amies ont pesé, de voir se lever dans l’ombre, pour un terroriste exécuté, vingt jeunes gens égarés. Ainsi, loin de le combattre, la peine de mort nourrirait le terrorisme.
A cette considération de fait, il faut ajouter une donnée morale : utiliser contre les terroristes la peine de mort, c’est, pour une démocratie, faire siennes les valeurs de ces derniers".

Robert Badinter, discours à l’Assemblée nationale du 17 septembre 1981, année de l’abolition de la peine de mort en France.

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Ce cours est mis à disposition de tous sous un contrat Creative Commons.

Sujets :

- Y a-t-il des guerres justes ?
- Le discours peut-il abolir la violence ?
- La guerre est-elle absurde ?
- La violence a-t-elle un rôle dans l’histoire ?
- La liberté peut-elle s’affirmer sans violence ?
- La violence peut-elle avoir raison ?
- L’ordre politique exclut-il la violence ?
- Est-il juste de combattre la violence par la violence ?
- Peut-on faire la paix ?

Pour aller plus loin :

- Le discours intégral de Mr Robert Badinter, le 17 septembre 1981, alors garde des sceaux français, pour l’abolition de la peine de mort.
- Les droits de l’homme et du citoyen.

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Cet article est mis à disposition de tous sous un contrat Creative Commons.


[1Cours sur Autrui : voir ici !

[2A noter aussi dans un contexte historique :
Sartre, Critique de la raison dialectique.
Pour Sartre, un facteur essentiel de la violence a été omis dans l’histoire de la philosophie : les facteurs historiques. C’est pourquoi, dans la Critique de la raison dialectique, il choisit d’analyser la violence dans la perspective de l’histoire.
Tous les besoins de l’homme ne peuvent, en effet, être satisfaits. Les matières premières, nécessaires à la reproduction de la vie, sont sur notre globe en quantité limitée et insuffisante. Cette rareté et cette pénurie constituent une donnée de base de notre existence historique.
Or, même quand cette rareté tend à disparaître ou à s’effacer de notre champ historique, elle continue à hanter profondément le cœur de l’homme, angoissé par le manque millénaire toujours possible.
Cette angoisse, profondément intériorisée en nous-mêmes, est la source fondamentale de la violence.
L’autre est, en puissance tout au moins, celui qui peut me voler mes biens disponibles. Cette hantise gît au plus profond de nous, même chez le riche qui jamais ne souffrira de la pénurie.

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