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DROGUES ET POUVOIRS PUBLICS : DEUX POIDS, DEUX MESURES ?

lundi 26 février 2007, par Jean Christophe Grellety

Selon que vous serez puissant ou misérable, la police s’occupe de vos affaires ou les ignore.
Dans la belle France d’aujourd’hui, un honnête citoyen a plus de chance de recevoir une amende pour tabagisme que d’être arrêté et condamné pour vendre de la drogue de luxe. Il suffit d’être client de la bonne boîte de nuit branchée, et vous n’êtes jamais dérangé.


La cocaïne en France : impunité absolue ?



Après les élections de 2002, l’actuel Président de la République a énoncé, répété, un mot tel un leitmotiv : l’ordre.
Celui qui désormais aspire à prendre sa succession, le Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, l’a repris à son compte.
Les « jeunes des banlieues » qui font le commerce du cannabis, de la marijuana, etc. sont dans le collimateur des policiers et de la BAC.
La filière marocaine fonctionne, en effet, à fond. Des arrestations ont lieu, en nombre, tout comme les saisies.
En ce domaine, les chiffres du ministère de l’Intérieur sont éloquents, contrairement à celui relatif à la violence contre les personnes.
Il existe véritablement un traitement, répressif mais également social, des drogues qui circulent dans les quartiers pauvres.
Et puis il y a ... la cocaïne.

Même si ces dernières années, son coût n’a cessé de diminuer, elle reste une substance réservée à la classe moyenne aisée, à la jeunesse dorée, aux baby-boomers qui ont réussi.
Dans l’émission "On a tout essayé" du jeudi 15 février 2007, le réalisateur Luc Besson, producteur de Taxi 4, a fait rire tout le monde en expliquant que la coke qui coule à flot dans ce dernier opus était seulement "de la farine", et qu’il s’agissait, concernant ces quantités astronomiques disponibles chez l’un des principaux personnages du film, mafieux de service, de rendre hommage à Scarface.
Bonne humeur garantie.

Dans un remarquable entretien au Monde, l’écrivain Virginie Despentes déclarait à son sujet :
"Quand on arrive à Paris en venant de province et qu’on fréquente les gens riches, le premier truc qui choque, c’est que tout le monde a de la cocaïne ; c’est leur drogue, elle est partout (...). Même si tu n’as pas d’argent, ou pas envie de mettre ton argent là-dedans, tu peux en prendre facilement dès que tu sors. C’est une drogue sociale à la con (...) C’est vrai que les premières fois c’est marrant. Baise-moi, on ne l’aurait peut-être pas fini sans coke, parce qu’on aurait peut-être mieux pris conscience de tout ce qui se passait autour, on aurait eu des sensibilités plus normales (...). Ça aide à tenir toute la nuit. (...) Depuis deux ans, ça s’est vraiment répandu partout, dans les squats autant que chez les X-ENA, comme si c’était devenu dans la tête des gens au même niveau que le cannabis ou l’alcool. (...)
Si les gens connaissaient le budget coke de certains privilégiés et comparaient à ce qu’ils gagnent, ça leur dirait à quel point ils l’ont dans le cul.
X... claque dix smics par mois dans sa coke. Mais il ne va pas dire : je mets 10.000 euros dans la coke par mois (...).
C’est une drogue qui t’inclut dans la société, une drogue de Blanc, politiquement très marquée. A la base, c’est la drogue des publicitaires, et les pubards, c’est des crevards. (...) Moins de sommeil, beaucoup moins de réflexion, et plus aucune marge de rébellion, on va pas se rebeller alors qu’il te faut de la coke le lendemain. (...) On ne parle pas de toutes les sinistroses que ça va créer. C’est la drogue du suicide absolu (...).
Avec la police, le risque n’est pas grand, la coke est classée comme une drogue de Blancs qui bossent, un peu protégés. De toute façon, je vis dans un monde où il n’y a pas beaucoup de police. Depuis que je ne fréquente plus d’Arabes, je ne la vois plus.
"

Jauger la répression des drogues à l’aune des classes sociales, un délire d’écrivaine sulfureuse ?
Pas si sûr...

Comme les autres substances, répertoriées et considérées comme des drogues, la cocaïne est interdite en France, à la consommation comme à la vente. C’est la prohibition absolue ... en théorie.
Des vendeurs et des consommateurs de shit sont régulièrement arrêtés et peuvent être condamnés pour cela. Par contre, les vendeurs et les consommateurs de cocaïne peuvent généralement dormir tranquilles.

Les saisies sont en effet presque nulles :

"Pour 2004, on estime que 74 tonnes de cocaïne ont été saisies dans l’Union européenne.
La plupart des saisies ont été enregistrées dans des pays d’Europe occidentale, en particulier en Espagne, qui représente près de la moitié des saisies et des quantités interceptées dans l’UE au cours des cinq dernières années. D’après les informations préliminaires, les quantités de cocaïne saisies ont diminué en 2004. De même, le prix moyen au détail a chuté dans la plupart des pays de l’UE entre 1999 et 2004.
Dans l’ensemble de l’UE, en Bulgarie, en Roumanie et en Norvège, parmi la population adulte (15 à 64 ans), on estime que : 10 millions d’adultes, soit plus de 3 % de cette population, ont essayé la cocaïne au moins une fois (usage au cours de la vie) ; 3,5 millions d’adultes, soit 1 % de la population adulte, en ont consommé au cours des douze derniers mois (usage récent) ; 1,5 million, soit 0,5 % de la population adulte, en ont pris au cours des 30 derniers jours (usage actuel).
"

Si un nombre non négligeable d’individus absorbe de la drogue, tous ne consomment pas la même : par exemple, un dérivé dégueulasse, le crack, uniquement vendu aux pauvres, est infiniment plus destructeur que la cocaïne elle-même. Or, comme en témoigne ce reportage, voilà comment les pouvoirs publics répondent à ce fléau :



Le cynisme quoi...

Pour aller plus loin :

-  http://www.actualites-news-environnement.com

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Jean Christophe Grellety]
[(L’action littéraire)
Auteur de "Dieu sans religions, suivi d’une Lettre à Oussama Ben Laden" (aux Editions La Part Commune, 2005) et de "11 Septembre 2001, comme si Dieu n’existait pas ?" (Editions l’Harmattan), des nouvelles, "Sans anges gardiens", "Le Mur du Son", "BecBD" (Manuscrit.com) http://jeanchristophegrellety.typepad.com

 

> DROGUES ET POUVOIRS PUBLICS : DEUX POIDS, DEUX MESURES ?
Excellent reportage !
(1/1) 9 mars 2007, par Aurel
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