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SARKO-SÉGO : LETTRE OUVERTE AUX INDÉCIS... - vox-populi.net

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SARKO-SÉGO : LETTRE OUVERTE AUX INDÉCIS...

lundi 30 avril 2007, par Gaëlle Sartre Doublet

Je vais essayer d’être brêve et concise sur un sujet houleux.
Soyons clairs, je ne suis encartée nulle part et fort peu mobilisée par le charisme et la vision pour la France de Ségolène Royal.
Pourtant, sans sombrer dans le "Tout sauf Sarkozy" qui réduit le candidat à la présidentielle à des qualificatifs stupides tels que "facho" (terme qui a historiquement un sens, ce que certains semblent négliger), je pense toutefois que l’homme est en effet dangereux.
Voici le fondement de cette conviction, forcément synthétique compte tenu de la densité du sujet, en textes et en images...

Sarkozy et les médias

Ils ont dit :
- "Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui étaient dus. A l’adresse de la direction, il (Sarkozy, NDLR) hurle : "Si je suis élu, je vous ferai tous virer." [1]

- "J’ai tous les patrons de presse avec moi."
Nicolas Sarkozy [2]

- Ses amis ? "Martin Bouygues, propriétaire de TF1 et LC1, des deux plus gros fabricants d’armes français Arnaud Lagardère (Paris Match, Elle, Le Journal du dimanche, Europe 1...) et Serge Dassault (Le Figaro) mais également de Bernard Arnault (La Tribune) et d’autres magnats de la presse. Ces affinités lui permettent par exemple d’exiger à Arnaud Lagardère la démission d’Alain Genestar (rédacteur en chef de Paris Match) quand le journaliste met en Une de son hebdomadaire la photo de Cécilia Sarkozy avec Richard Attias, son amant. (...) Autre privilège médiatique du président de l’UMP : pouvoir choisir, avec Jean-Pierre Elkabbach, la journaliste d’Europe 1 qui va la suivre dans ses déplacements."

Sarkozy et l’ordre républicain

A lire aussi :
- Les chiffres officiels de la délinquance (et le résultat des dernières élections syndicales de policiers).
- Les controverses de la Gare du Nord

Ils ont dit :
- "Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile."
Daniel Simonpieri, maire de Marignane apparenté UMP, ancien Le Peniste. [3]

- "Sarkozy se prétend efficace mais a collectionné les échecs", promettant "la sécurité pour tous" tout en préparant de fait "l’insécurité de chacun".
Un propos écrit d’Eric Besson lorsqu’il était au service de Ségolène Royal, juste avant de devenir le faire-valoir de Nicolas Sarkozy...
Le même ajoute : Il (Sarkozy) "se prétend porteur d’une ambition pour la France mais ne vise qu’à satisfaire sa boulimie de pouvoir et sa volonté de puissance" [4]
Protégez-moi de mes amis...

Sarkozy et ses collaborateurs

Justement, on y vient.
Michèle Alliot-Marie est traitée de "salope", soupçonnée à tort d’avoir mariné dans le jus putride de l’affaire Clearstream.
Patrick Artus, économiste et expert financier, se voit honoré, pour avoir osé critiquer certaines propositions du candidat Sarkozy, d’un mail assassin : "on s’en souviendra." [5]
Franck Louvrier, candidat UMP d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), frustré de l’infiltration d’un vrai journaliste de France 5, envoie ce dernier purement et simplement "valdinguer dans les sièges du premier rang" [6]

Sarkozy et l’économie


La plupart des électeurs qui ont voté Sarkozy comptent sur lui pour sortir notre pays de l’assistanat systématique et relancer l’économie.
"Sarkozy l’américain", comme il aime à s’appeler, ne cache d’ailleurs pas sur ce sujet sa proximité avec Bush.
Or, en ce domaine, il n’existe pas trente-six mille solutions sur le fond pour sortir un pays d’une crise, depuis Aristote, Keynes, Friedman et Adam Smith.
Pour schématiser, soit on donne plus de pouvoir d’achat à la population afin qu’elle consomme (à condition, dans notre économie mondialisée, qu’elle n’achète pas en Chine), soit on donne de l’argent au patronat (en espérant qu’il investisse autrement que dans des fonds de pension).
Sarkozy a choisi : haro sur l’ISF (qui de toute façon coûte presque autant qu’il rapporte ; cette mesure aussi symbolique qu’inutile n’a en fait rigoureusement aucun intérêt pour les deniers de la nation), mais par contre, vous ne l’entendrez jamais parler du "pouvoir d’achat".
Et pour cause : pour gagner plus, selon lui, il faut travailler plus. Pourquoi pas ?
Mais je vais prendre mon cas personnel, qui dans ma génération est loin d’être unique. Etudes supérieures non comptabilisées dans la retraite, période de "chômage" non rémunérée à la sortie de la fac, emplois précaires pour combler le trou, je ne suis réellement arrivée sur le marché du travail qu’à 29 ans. Ajoutez à ce départ dans la vie 42 ans d’annuités et faites le compte. L’Etat me demande d’ores et déjà de bosser jusqu’à 71 ans.
Inutile d’être grand clerc pour saisir les limites du système.

La philosophie de Nicolas Sarkozy


Sarkozy croit au caractère inné de nos destinées et donc, très logiquement, à une forme d’eugénisme (d’où sa proposition de stigmatiser les comportements "déviants" dès la maternelle). Il l’explique d’ailleurs sans détour à Michel Onfray dans "Philosophie mag" n°8 :

"N.S. : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J’ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m’a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu’un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : « Mais ça va pas, non ! »
Et pourtant, elle l’a fait.

M.O. : Qu’en concluez-vous ?

N.S. : Que l’être humain peut être dangereux. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n’y a pas d’un côté des individus dangereux et de l’autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d’innocence et de dangers.

M.O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l’homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l’homme.

N.S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?

M.O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n’avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n’a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d’être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.

N.S. : Je ne suis pas d’accord avec vous. J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense."

Diaboliser Sarkozy ? Certes non. Mais le confronter à lui-même via la presse de ces dernières semaines n’est peut-être pas inutile...
Si j’avais dû remonter dans le temps, je vous aurais également parlé de son soutien à Balladur avant rétractation, de son soutien à la guerre en Irak avant rétractation, de ses déclarations sur la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, brulés vifs dans un transformateur EDF avant rétractation, de son soutien au CPE avant rétractation, de son soutien à la branche dure de l’UOIF avant rétractation, de ses déclarations au "Karcher" adressées à la "racaille", cette fois-ci sans rétractation...
J’en oublie sans doute.

Alors certes, Royal n’est pas précisément un "désir d’avenir", mais au moins, tout comme Bayrou, elle est profondément démocrate. Et de toute façon, les chiffres étant têtus, elle ne pourra pas faire l’impasse sur le président de l’UDF.
Qu’on soit de droite ou de gauche, la modération et le savoir vivre ensemble, ça fait quand même une petite différence, non ?

Pour aller plus loin :
« Internautes, citoyens, justiciables : ce qui nous attend si Sarkozy est élu. »

A lire :
- "La parité selon l’UMP" ou une fâcheuse tendance de la part des hommes issus de ce mouvement à traiter les femmes de "salopes".
- Agoravox nous a envoyé un texte sur les rapports plus ou moins compliqués de Sarkozy avec la religion et les sectes.
Compte tenu de sa prestation lors de l’institution du Conseil français du culte musulman, je n’ai pas trop de mal à les suivre sur ce papier parfaitement étayé par des liens instructifs...

NB : A lire aussi, "l’Action littéraire", qui m’a quand même pas mal inspirée sur ce coup-là. Malgré nos divergences politiques-politiciennes-politicardes, nous nous rejoignons je crois sur l’essentiel...
Comme disait l’Abbé Pierre singé par les Guignols à propos de Sarkozy : "C’est pas possible, ça" !


[1Source : Marianne n°521

[2Source : Le canard Enchaîné du 18/05/05

[3Source : Le canard enchaîné du 25/04/07.

[4Source : Le canard enchaîné du 25/04/07, même peine, même punition.

[5Source : Marianne n° 521, même peine...

[6Source : Encore le même Canard du 25/04/07, décidément !

Messages

  • La méthode Sarkozy.

    Pour manipuler les foules, il a vite compris qu’il suffit de surfer sur la vague émotionnelle des faits divers violents et de se présenter comme celui qui dit "tout haut" qu’il est du coté des victimes et qu’il faut des sanctions sévères.

    Cette exploitation politicienne permanente des différents faits divers criminels à propulsé Sarko en haut de l’échelle médiatique.

    Cherche à qui le crime profite ! Les gens sont comme hypnotisés par ce petit bonhomme qui leur parle de sécurité en agressant verbalement les fauteurs de troubles. Quel courage !

    Le crime a-t-il pour autant régréssé ? que néni.

    De mon coté, je m’intérroge aussi sur son style :

    "Bon alors qu’est ce qu’ils veulent les Français ?"
    "Les Français ils veulent travailler plus".

    En faisant les questions et les réponses.
    Sarkozy n’a qu’un but, tuer les 35h en favorisant les heures supplémentaires.

    Il veut donc donner plus de travail a ceux qui en ont déja, mais au détriment de qui ? de ceux qui n’en n’ont pas bien sur !

    Et le pire c’est que ça marche ! plus de 50% de la population française serait elle déja lobotomisée ?

    On le saura bientôt avec le résultat du second tour.

    Voir en ligne : Gourou de secours

    • Non, pas forcément lobotomisés, mais quand on sait que plus de 50% des électeurs français ont bien plus de 55 ans, alors ils n’en ont plus rien à faire, de ceux qui bossent, s’ils sont à la retraite ! C’est la France de Papy Mougeot qui vote. Clairement un vote "démographique", plutôt que "démocratique". C’est déprimant !

  • Pour une fois, l’élection présidentielle donne un véritable choix, entre un projet de droite-extrême-droite, et un projet de gauche, même s’il peut être jugé insuffisant. Un homme, une femme, deux personnalités totalement différentes, deux projets radicalement différents, malgré les mensonges de certains médias sur le sujet, pour continuer à brouiller les électeurs. Ce que, ce soir, TF1 va continuer à faire avec un incroyable reportage sur les faux chômeurs, les rmistes escrocs, car, c’est bien connu, si les finances de la France ne sont pas bonnes, c’est parce que parmi celles et ceux qui vivent et survivent avec des minima sociaux, il y a une majorité de fainéants, de voleurs, ... Cette propagande dure depuis des années, Sarkozy n’a eu qu’à l’articuler pendant trois mois pour que trop de Français dodelinent de la tête comme lui. Oui, un bon nombre de Français sont, comme tu le dis, Philippe, lobotomisés, c’est le travail quotidien de TF1, M6, mais aussi France 2, ..., Sud-Radio (à Toulouse).

    L’ennemi civique numéro 1 n’a jamais été autant à découvert que pendant cette campagne : le système médiatique. C’est lui qui doit être visé par une première offensive sociale et "révolutionnaire".

    Voir en ligne : L’action littéraire

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