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ABOU GHRAIB : APRÈS LES SÉVICES, L’INJUSTICE

mercredi 16 mai 2007, par Gaëlle Sartre-Doublet

Onze soldats ont déjà été condamnés, mais un seul officier américain, Steven Jordan, est inculpé des tortures infligées aux prisonniers d’Abou Ghraib. Un seul.
Certes, Janis Karpinski, commandante de la prison, avait bien été rétrogradée du rang de général à celui de colonel, sur ordre de Georges W. Bush, mais sans jamais passer devant la justice militaire. Encore moins devant la justice civile...
Demeure donc Steven Jordan, 51 ans, pour tout responsable hiérarchique des abominations commises dans la prison d’Abou Ghraib.


Comparaissant mardi à Washington devant le tribunal militaire de Fort Mc Nair en audience préliminaire, 3 ans après la révélation des faits, le lieutenant-colonel Steven Jordan, directeur du centre des interrogatoires de l’armée américaine à Abou Ghraib risquait jusqu’à 22 ans de prison.
Inculpé en 2006 pour avoir obligé des prisonniers à se mettre nus, les avoir martyrisés physiquement comme psychologiquement [1] et terrorisés avec des chiens d’attaque, il a su assumer ses responsabilités avec un courage digne de ses actes : fausses déclarations aux enquêteurs, entrave à la justice, manquement à son devoir et "conduite inconvenante" (non ? Sans blague !)
Pour sa défense, ses avocats invoquent le fait que l’accusé n’aurait pas été correctement informé de ses droits. On pensait rêver, mais cette objection/abjection a été retenue mardi, réduisant la peine encourue de 22 à 16 ans et demi de prison et repoussant son jugement au 20 août, après une nouvelle audience préliminaire le 10 juillet prochain.
Difficile dans ces conditions d’espérer encore une peine exemplaire, compte tenu de celles dont ont écopé "les pommes pourries" selon l’expression de Donald Rumsfeld [2] (comprenez les sous-fifres) jusqu’à présent : 10 ans pour le caporal Charles Graner et - plus scandaleux encore - seulement 3 ans pour sa compagne Lynndie England.

Charles Graner - 42.8 ko

Charles Graner

Lynndie England - 36 ko

Lynndie England

Le couple infernal - 16.5 ko

Le couple infernal

Peu cher payé pour ce que Georges W. Bush lui-même admet être "la plus grosse erreur" (doux euphémisme, mais affirmation qui reste à démontrer compte tenu de toutes les atrocités commises depuis) en Irak.

Cependant, quelque soit la peine qui sera finalement infligée à Steven Jordan, nous partageons pleinement l’avis de Priti Patel, avocate de l’organisation Human Rights First :
"Rumsfeld porte la responsabilité d’avoir donné des ordres qui ont conduit à des actes de torture et d’abus de prisonniers, en Irak et ailleurs".
Certes... et Bush ?

A lire aussi :
-  "Abou Graib : l’horreur sans fin"
-  "Irak : l’horreur absolue"

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[1] Sous ses ordres, de nombreux prisonniers connurent des sévices sur leurs parties génitales, notamment par l’usage de cables électriques, ainsi que des menaces de mort : réveillés en plein cœur de la nuit, on leur passait par exemple une corde au cou, leur promettant de retirer sous leurs pieds le tabouret sur lequel ils étaient juchés.
Nous rappelons ici que ces prisonniers n’étaient pas des terroristes, mais des civils raflés sans discernement...

[2] Secrétaire américain à la défense de l’époque

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Gaëlle Sartre-Doublet]
[(Lecture philosophique des contes de fées)
Gaëlle Sartre-Doublet, 42 ans, maitrise de Philosophie. Ex-prof auprès d’un public en difficulté scolaire, ex-journaliste à "La Dépêche du Midi", actuelle fonctionnaire territoriale et modératrice du forum de Vox Populi, rédactrice en chef et directrice de publication pour notre webzine jusqu’au 1er janvier 2009, date qui a vu Laure Dupau reprendre le flambeau.

 

> ABOU GHRAIB : APRÈS LES SÉVICES, L’INJUSTICE
Et quand bien même il eu s’agit de "terroristes", ces actions eurent étés de toute façon comdamnables. Vous faites bien de rappeler que l’ ex Générale Janis Kapinski n’a rien écopée pour les atrocités qu’elle a couverte. (son interview sur une chaîne de TV était à son image : lamentable). Idem pour la soldate Lyndie England. et la capitaine Caroline Wood. Leurs "peines" font penser à celle de gamines à qui ont aurait donné une "bonne fessée" parcequ’elles auraient volé un croissant dans une boulangerie. Pourquoi tant de circonstances atténuantes qui sont consternantes d’injustice ? Et enfin le secrétaire d’état à la défense, Rumfeld clos cette galerie de personnages tout droit sortis de film d’horreur..
(1/1) 12 novembre 2007, par des 2 côtés
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