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IRAK : L'HORREUR ABSOLUE - vox-populi.net

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IRAK : L'HORREUR ABSOLUEIRAK : L’HORREUR ABSOLUE

mardi 11 mai 2004, par Gaëlle Sartre Doublet, Philippe Lheureux

Le gouvernement américain, qui se targuait de vouloir délivrer l’Irak du dictateur Saddam Hussein, doit aujourd’hui répondre des actes odieux commis par ses G.I. Être capable de répondre de ses actes, c’est la définition même de la responsabilité. Car ce n’est pas seulement d’une poignée de militaires fanatiques sévissant dans la prison d’Abou Ghraib près de Bagdad dont il s’agit, mais de pratiques généralisées, des camps de Guantanamo ou de Bucca au centre de détention Cropper, en passant par des centaines de morts civils, femmes et enfants compris, dont l’AFP nous égrène l’interminable liste depuis des mois. Chronique de l’horreur journalière.

L’atroce au quotidien

Il est aujourd’hui impossible de prétendre que les humiliations physiques et psychologiques dont sont victimes des milliers d’Irakiens relèvent de cas isolés : réquisition de maisons identifiable à du vol pur et simple ; enfants assassinés par balles pour quelques jets de pierres sur des tanks ou par "erreur" ; tortures et viols de prisonniers réduits à l’état de choses, de corps sans âme, réifiés en quelque sorte, comme rayés de l’humanité.
Lynndie England posant pour ses supérieurs hiérarchiques
Scènes insoutenables : celle de cette femme GI, Lynndie England, tenant en laisse un prisonnier nu comme un ver, recroquevillé à terre, et qui le contemple, froidement ; celle de ce père irakien, nu lui aussi, faisant face à son fils affublé d’une petite culotte féminine par l’armée américaine ; ou encore celle de cette femme-soldat des forces "libératrices" qui, d’une main experte, tâte sourire aux lèvres les fesses d’un prisonnier uniquement vêtu d’un sac plastique sur la tête, tandis que de l’autre, elle offre à la vue son pouce érigé vers le haut pour la photo, regardant bien droit l’objectif : "great".
Des hommes traités comme des "rats" selon le mot d’un des généraux en chef de l’armée américaine. Effectivement, le mot est juste : même des chiens ne seraient pas considérés de la sorte...

Des ordres venus d’en haut

Il fallait « ramollir le moral les prisonniers Irakiens pour que leur interrogatoire soit plus facile ». On espère qu’à ce tarif-là, les prisonniers ont vendu père et mère, conformément à la volonté américaine.
En attendant les aveux improbables de civils raflés sans discernement, cette "consigne", interprétée par certains militaires comme une autorisation à tourner un véritable film sado-maso, a au moins sur ce point porté ses fruits. Ainsi que le rapporte l’hebdomadaire "Marianne" : « les agissements, dûment recensés, vont de l’humiliation (ramper pendant plusieurs heures, être obligé de se promener nu devant ses enfants et d’être photographié dans cette situation, de manger à quatre pattes dans une gamelle, photos pornographiques glissées dans des exemplaires du Coran, détenus utilisés comme des cibles de fête foraine, sodomisation avec des lampes ou des manches à balai) et de l’intimidation psychologique (par exemple, être forcé à rester debout toute une nuit sans sommeil, faire croire au détenu que l’on va retirer, sous ses pieds, le tabouret sur lequel il est juché alors qu’il a une corde au cou, ou lui annoncer, en pleine nuit, son exécution) à des brutalités pures (tabassages ininterrompus pendant des heures, coups de bâton ou coups de fouet confectionné avec des cables électriques, tête cognée contre les murs, genoux broyés à coups de règle, dents cassées à coups de poing, lâchers de molosses), ou des sévices plus sophistiqués (décharges électriques, brûlure des parties génitales, liquide au phosphore jeté sur les membres, jet d’eau glacée sur les corps nus, enfermement dans des sortes de carcan, etc...) ».
Si l’imagination des tortionnaires nous reporte violemment aux pires tragédies de l’histoire, les pro-guerre ne manqueront cependant pas de suggérer qu’un tel point de barbarie n’est le fait que de "quelques soldats isolés". On rêve !

Photos de vacances

Car la suite de ce film d’horreur promet encore quelques rebondissements, si l’on en croit les dernières révélations de Donald Rumsfeld. En effet, ce dernier, tout en endossant l’entière responsabilité des sévices supportés par les prisonniers Irakiens, a par ailleurs refusé de démissionner, adoubé par un George W.Bush qui vient de le soutenir et de le féliciter pour son excellent travail : un comble !
Pourtant, ce message est finalement cohérent : inutile en effet d’être psychiatre pour comprendre que si certains tortionnaires (y compris des femmes) acceptent de poser à visage découvert, sourire aux lèvres, derrière une pile d’Irakiens nus ou tenus en laisse, c’est que non seulement ils pensent qu’ils ne risquent rien, mais qu’à leurs yeux, ces pratiques relèvent de la normalité. C’est sans doute là que le summum de l’horreur est atteint : ces clichés inhumains s’inscrivent pour les bourreaux qui les ont pris dans le registre de la photo-souvenir, du divertissement en quelque sorte...
Même au Vietnam et en Algérie, on n’avait pas vu ça. Seuls les nazis s’y étaient essayés, et encore faisaient-ils dans le reportage "documentaire". Il n’y a guère que les soldats russes en Tchétchénie, martyrs devenus cinglés, qui auraient été capables de telles "photos de famille"...

Sales cons qui avez besoin qu’il existe des salauds pour être salauds en toute bonne conscience...
( Cavanna )

Ainsi, au nom de la lutte contre le terrorisme, il est possible, sinon de cautionner, du moins de minimiser la barbarie de telles exactions. Les pro-guerre ne manqueront pas de rappeler que quelques semaines auparavant, on nous montrait les images de quatre américains qui après avoir été brûlés vifs dans leur voiture, ont vu leurs corps mutilés puis traînés derrière des voitures avant de finir accrochés à un pont par des crochets de boucherie. La violence bestiale, des deux côtés, est dramatiquement identique à elle-même. Mais à notre connaissance, le peuple Irakien n’était pas censé être l’ennemi des GI et ses "terroristes" n’ont pas encore figé sur papier glacé toute l’horreur d’un conflit sans nom, en guise de photos-souvenirs.
Comme le disait Clémenceau , « la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». Et si le milligramme est bien la plus petite unité de mesure du poids, le militaire vient de prouver une fois de plus en Irak qu’il était à coup sûr la plus petite unité d’intelligence...

- A voir et à lire absolument : un site malheureusement perso, mais très bien documenté (âmes sensibles s’abtenir).

- Sur vox pop’ : rappel de quelques faits qui prédisaient déjà un stade de non-retour dans le tournant de la guerre en Irak.
A lire aussi sur notre site : Madrid : l’Europe touchée au coeur.

- Sinon, liens vers des articles du Monde (archivés et désormais payants) :

Sur les inommables traitements infligés aux prisonniers
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-364085,0.html
"The lancet" rappelle l’éthique aux médecins militaires : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-376112,0.html

Dernière heure au 15/05/07 :
- "Abou Ghraib : après les sévices, l’injustice"

Dernière heure au 04/07/08 :
- "Crimes sexuels à la Maison Blanche"

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