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L’EXTRÊME DROITE EN FRANCE

dimanche 17 avril 2005, par François Priam

Fait connu et martelé par les historiens comme les polémistes, la division politique française est née de la Révolution, "berceau" de notre société contemporaine.
L’extrême-droite a su jaillir spontanément de ce mouvement éminemment contestataire et s’imposer comme son pendant naturel et nécessaire, au sens philosophique du terme.
Dès lors que les groupes sociaux et politiques eurent le droit -et le devoir- de se constituer en "partis", elle fut dans ce contexte rapidement identifiée : réactionnaire car désireuse de culbuter l’histoire et les inscriptions révolutionnaires, elle chantait les louanges d’antan, la France soumise au Roi et au Pape. Une ligne directrice, secrète ou revendiquée, dont elle ne se déparera plus.

Tous pourris !

La collection des turpitudes d’un pouvoir parlementaire peu représentatif a, au fur et à mesure des décennies, ravi ces thuriféraires, pour lesquels chaque nouvelle frasque financière ou morale de l’un de nos dirigeants républicains
constitue une preuve supplémentaire du vice de forme ontologique de la République.
Cependant, cette extrême-droite d’origine oppositionnelle et aristocratique parvint à s’organiser, accouchant d’une extrême-droite tacticienne. Désormais, l’objectif revendiqué est de participer à cette démocratie vouée aux gémonies afin de revenir au pouvoir, de pousser la République à la faute et in fine, de recueillir les ouailles déçues de tant de liberté et de responsabilité dans le giron de la « Vierge » monarchique.
C’est dire qu’il y a Le Pen et Fillon, Megret et Devedjian : d’un côté, ceux qui, tels des coqs, gonflent le torse et rentrent dans le lard du verbe franco-français, et de l’autre, ceux qui masquent leurs convictions et leurs relations derrière des phrases aussi inodores qu’incolores, étant bien entendu que les premiers sont aussi indispensables aux seconds que la "société du spectacle" est inhérente à la bourgeoisie parisienne - dans tous les commerces du meilleur des mondes possibles...

L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn

Beaucoup se sont étonnés de voir, au début des années 80, l’inflation médiatique naissante liée à la légitimation de la représentation politique d’un Jean-Marie Le Pen, jusqu’alors ignoré des urnes et des soutiens populaires. Quelques années plus tard, après qu’il se soit installé et ait fait fructifier son capital d’image et de sens, des experts politiques, relayés par une droite ravie du retour du boomerang, ont affirmé que
l’ouverture de l’antenne télévisuelle au sieur Le Pen par François Henri de Virieu, présentateur et animateur de la fameuse "Heure de Vérité", provenait du "Château" - entendez l’Elysée mitterrandien, dont le machiavélisme était notoire.
Le Pen n’était rien, ils ont fait qu’il devienne beaucoup. Le verbe lepéniste jaillissait et prenait corps, une langue personnelle, un timbre, un ton, une marque de fabrique, JMLP.
L’extrême-droite pouvait désormais dénoncer la République, et inviter les Français à retourner vers des valeurs monarchiques.
Cependant, un cheval de bataille lui était encore nécessaire pour y parvenir, qu’elle mit d’ailleurs un certain temps à trouver et à "conceptualiser" : "l’immigration", menace de perversion de la société française, allait être celui-là.
Cette apparente obsession envers des étrangers largement banlieusards et maghrébins lui donna, en tout état de cause, une "identité" : Le Pen devenait un "rempart", l’homme qui disait non à l’immigration, aux étrangers, à l’ouverture des frontières, à la perte des valeurs nationales ...
Pourtant, au cours d’une émission qui lui fut entièrement consacrée et mit en exergue l’exposé de son programme économique sur la naissante TF1 privatisée, les citoyens purent entendre que le Front National reprenait à son compte les thèses en vigueur de l’autre côté de la Manche et Outre-Atlantique, celles d’un "ultra-libéralisme"- incompatibles avec une ré-frontiarisation...

Ôtez-moi de la vue ce que je ne saurais voir

La riposte aurait pu être facile. Mais pour celles et ceux que le verbe lepéniste ulcérait, la cause était entendue : toute affirmation, toute idée, toute valorisation du sieur devenait impure, intouchable, condamnable, indiscutable. L’ensemble de la gauche préféra nier le phénomène et les causes qui l’avaient créé : "l’immigration" fut déclinée dans des mouvements tels que "Touche pas à mon pote", "SOS Racisme", dont les principes et la présence répondaient parfois à des crimes ou à des violences et ne résolvaient pas, dans le même temps, un criant défaut d’intégration.
Jean-Marie Le Pen a, de tout temps, servi « l’establishment ». Gauche et droite parlementaires se sont repues à satiété de ses outrances, de ses exagérations, de ses simplifications.
Lui s’est également auto-promu grâce à leur autisme : il suffit en effet de se "démarquer" pour avoir une marque...
Or, le discours citoyen concernant l’immigration et les
immigrés s’orchestrait exclusivement sur une musique jouée sur un refrain - daté - d’intégration et de fraternité. Car dans les faits, la fraternité se fracassait sur le communautarisme originairement grand-bourgeois et parisien : l’ascenseur social était bloqué.
Aujourd’hui encore, le ralliement de Le Pen au "non" à la Constitution paraît "contaminer" l’ensemble des autres "non". Puisque Le Pen refuse cette constitution pour des motifs qui lui appartiennent, il devient impossible d’en discuter sans être soupçonné d’une forme de "collaboration" avec "le mal". Les Moscovici et consorts ne se privent d’ailleurs pas d’instrumentaliser ce rapprochement indécent. Le "Oui" devrait dès lors logiquement remonter...

Pas vu pas pris

A l’image du thème de l’immigration "clandestine", le pouvoir nous fredonne depuis 10 ans la même rangaine : opposition de principe, acceptation du fait accompli... car l’immigration joue un rôle économique majeur dans notre pays.
Ce "jeu" économique et social, extrêmement dangereux -explosif même- consiste à faire appel, autant que
possible et ce pour l’ensemble des corps de métiers, à des immigrés qui acceptent des conditions sociales que le MEDEF en personne ne saurait ouvertement revendiquer.
Les arrières-cuisines des restaurants parisiens, de la Côte d’Azur ou d’ailleurs sont en effet aux mains d’Hindous, de pakistanais, et autres tamouls - de Versailles à Saint-Cloud et de Nice à Toulouse.
L’adoption de mesures économiques facilitant l’embauche de personnels de maison, au moment où Saint Nicolas Sarkoshow dirigeait Bercy, visait à offrir à cette grande bourgeoisie les conditions nécessaires à la prolongation de son niveau de vie quotidien, où seul demeure le "je pense, donc je suis servi".
Dans une Union Européenne déjà libérale, l’adoption de la fameuse directive Bolkestein (qui n’a pas été retirée, comme Fritz est venu l’expliquer à ces Français toujours frondeurs et surtout durs d’oreille) servirait une même logique : favoriser des déplacements de population des pays à faibles coûts sociaux vers les pays chers, afin de permettre aux chefs d’entreprise d’accroître leurs bénéfices, via le remplacement de salariés nationaux par des salariés européens. La "délocalisation" légalisée des autochtones est donc dans les clous.
L’extrême-droite entend-elle par son refus dénoncer cette atteinte à l’identité française ? Etrangement, en ce domaine, elle se tait, se réjouissant de voir se profiler ce qu’elle attend depuis des lustres : les conditions juridiques ultra-libérales qui lui permettront de faire fructifier ses richesses, source de son seul et unique souci.
Il faut le marteler à la gauche bien-pensante : Jean-Marie Le Pen n’est pas xénophobe. La preuve ? Les étrangers aisés ou riches lui conviennent parfaitement. Certains sont même des amis intimes du Front National. Ainsi, les Allemands-nazis de 39-45 ont toute sa sympathie : comme chacun le sait depuis sa dernière fracassante déclaration sur les souffrances françaises, si relatives durant la Seconde Guerre Mondiale, “l’occupation allemande" en France "n’a pas été particulièrement inhumaine”.
Pendant ce temps, les ex d’Occident se frottent les mains : ils sont au pouvoir et gèrent les affaires. Le communisme étatique a disparu, les colonies également. Reste l’avènement du néo-capitalisme, triomphe de l’argent-roi, leur idole.
Catholiques la plupart du temps, car il faut bien se faire pardonner une mauvaise conscience latente, ils ont communié à la
mort du souverain pontife romain -qui, ayant toujours dénoncé leurs pratiques, doit se retourner dans sa tombe- et vaquent aujourd’hui à leurs petites entreprises - qu’elles soient légales ou non.
Jean-Marie s’occupe de faire peur à tout le monde, eux oeuvrent dans l’ombre pour revenir sur les acquis sociaux hérités de 1945 et la gauche hurle aux loups (qui depuis longtemps ont envahi Paris), arc-boutée sur ses beaux idéaux, sa "noblesse" d’âme et ses grands principes.
Le peuple français, lui, et singulièrement les sympathisants du Front National, semblent comme un seul homme victimes d’une illusion d’optique, vissés à la fameuse et originelle division politique.

D’un rivage, l’autre


Car si les têtes aristocrates sont tombées, si les combats politiques furent menés et les droits gagnés sur des nantis qui rêvaient de maintenir le plus longtemps possible le système de l’esclavagisme soft, cette scission n’existe plus dans les faits : les partis politiques français sont tenus par une même caste politique, d’une certaine extrême-gauche à l’extrême-droite. Les dés sont donc pipés. Nos médias français, à l’unisson de la propagande catholique en France -dont le sommet eut lieu lors de la mort et de l’enterrement du pape- reflètent ce « Front ». Un mur qui sépare la France d’en haut et la France d’en bas...
Il y a plusieurs siècles, la noblesse française écrivait dans un droit latin l’exclusion des « autres », les non-nobles. Nous ne sommes toujours pas sortis de cette exclusion volontaire du peuple hors des murs de la souveraineté, donc du pouvoir politique. Au coeur de ce système relationnel, psychologique, nous trouvons « la presse people », financée et soutenue par des partisans engagés de la noblesse européenne et monarchiste. Il faut donc reprendre les chemins, inachevés et si problématiques, de la Révolution.

PS : Nos lecteurs attentifs n’oublient peut-être pas que nous nous étions engagés à ne jamais reparler de Jean-Marie Le Pen. Mais Vox Populi étant un lieu de débats, un article en a entraîné un autre.
D’un commun accord entre la rédaction et les auteurs, les deux papiers susmentionnés rejoindront "Rive droite-Rive gauche"...
Dans l’attente d’un nouveau son de cloche ?

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