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LONDRES OU LE SENS DE L’HISTOIRE

lundi 25 juillet 2005, par Gaëlle Sartre Doublet

Les événements de Londres n’échappent pas à la règle : l’histoire nous apparaît toujours, ainsi que l’exprimait Shakespeare dans Macbeth, comme "un récit confus, plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot". Après le World trade center, la guerre en Irak, les attentats de Madrid, voici venu le temps de Londres. Et demain ?

Nosense


De chaos en chaos, la raison s’obstine sans cesse à rechercher un fil conducteur à ce magma d’incohérences. Pour y parvenir, l’explication historique doit s’exercer sur deux niveaux distincts : celui de la contingence des événements particuliers et celui de la nécessaire transformation d’ensemble. Chacun le pressent, nous sommes en période de pleine mutation. Ce que nous percevons moins, c’est le sens que nous devons donner aux drames auxquels nous sommes quotidiennement confrontés.

La fin de l’histoire


Les lois qui gouvernent nos sociétés relèvent de la loi des grands nombres, car elles régissent l’entrecroisement de milliards d’existences individuelles. La dualité des niveaux - individuel et collectif - dans l’explication historique permet de comprendre que la liberté des actions particulières a pour résultat la nécessité d’une évolution radicale - d’une révolution ?
Fukuyama, lorsqu’il annonçait en juin 1989 la fin de l’histoire, l’enterrait un peu vite : le no man’s land qu’il pensait stigmatiser n’était que la prise de souffle de la bête, l’ultime répit avant la bataille, le dernier jour avant la guerre.

New age


Demain, les historiens feront remonter ce choc des mondes au conflit istraelo-palestinien, à la chute du mur de Berlin, à la guerre en Afghanistan ou à celle d’Irak. Demain, ils dissèqueront l’arrogance et l’hégémonie des uns, la pauvreté et l’impuissance des autres. Demain, ils sauront dire que cette guerre n’était pas une guerre sainte, qu’elle était politique, économique, bien avant d’être culturelle ou religieuse. Demain...
Mais aujourd’hui, une chose est certaine : tout événement historique est clair dans son ensemble et indéterminé dans son détail. Le World trade center, puis Madrid, puis Londres ont été éventrés. Rien n’est plus sûr et, à certains égards, rien n’est plus compréhensible. Mais si l’on tente de saisir le détail de ces jours fatidiques, l’inexplicable, la confusion et l’imprévu surgissent. Sur le détail de l’événement plane cette incohérence par laquelle ce qui devait réussir échoue et l’improbable se produit. Comment Bush, informé des menaces, a-t-il pu ne pas les prendre au sérieux ? Comment Londres, tardivement en état d’alerte maximal, a-t-elle pu se laisser infiltrer comme une passoire lors des attentats, après avoir porté en son sein des terroristes qu’elle avait tolérés et nourris ? Comment Madrid, dont la population était violemment contre la guerre en Irak malgré la position de son gouvernement, a-t-elle pu passer aux yeux des terroristes pour une cible privilégiée ?

Liberté, j’écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Paul Eluard

Il est à la fois vrai et faux de prétendre que l’histoire à venir est imprévisible. Ainsi que le remarquait Tolstoï avec justesse, on n’est jamais plus libre que sur un champ de bataille. En ce sens, vouloir comprendre l’histoire par analogies (décadence, chute de l’Empire romain etc...) est vain, car si ce qui a été possible peut se reproduire à l’avenir, la variablilité des circonstances est infinie. Nous sommes acteurs de notre devenir. C’est à nous, les démocrates, de nous emparer de cette histoire en construction, de faire barrage à toute forme de bêtise et d’intégrisme, de nous ériger en rempart contre l’obscurantisme, de ne faire qu’un avec l’Angleterre, même si elle n’a pas su le faire à notre endroit en 1995 et a participé à la guerre en Irak. On ne mégote pas avec la liberté. Ainsi que l’écrivait Clausewitz dans De la guerre , il faut que les acteurs de ce drame et ceux qui veulent gouverner en ces instants pathétiques aient "une certaine foi" dans les règles qui régissent l’issue finale et "un certain scepticisme" à l’égard de ce qui se produit dans le détail de l’action.
L’Europe, malgré le non, peut-être justement grâce au non, continue d’être en marche. Nous en sommes les représentants et ne devons pas oublier que s’il existe une leçon de l’histoire, c’est qu’il n’en est précisément aucune.
Seuls nos actes parleront pour nous...

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