Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/voxpopuli/www/config/ecran_securite.php on line 317
LE SEIGNEUR DES ANNEAUX - vox-populi.net

Accueil > Culture > LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

vendredi 2 janvier 2004, par François Priam

Il y a huit ans environ, Gollum-Peter Jackson, le réalisateur de la trilogie, mettait enfin la main sur le précieux récit du « Seigneur des Anneaux », triomphe de l’édition depuis 40 ans et révélation personnelle pour le jeune Jackson. L’histoire capitaliste peut retenir qu’une fois de plus, un projet qui allait devenir un succès commercial talonnant l’épico-sentimental Titanic, avait été refusé par les majors installées à Hollywood, morne plaine.

Une vision universelle

Et puis, il y eut un dernier rendez-vous, avec New Line. Jackson montra les éléments déjà réalisés du projet et se vit proposer une production de... trois films, alors qu’il n’en sollicitait qu’un ! L’image commune allait enfin rejoindre l’imagination individuelle qui inventait, avec chaque lecteur, son Sauron, son Frodon, son Mordor. Et, plutôt que de s’autoriser une version personnelle et délirante du best-seller de l’expert es langues JRR Tolkien, Jackson décida que son Seigneur des Anneaux serait celui de tous ses lecteurs, qu’il réussirait à parler le langage universel des représentations du récit.

Trilogie et tragédie

C’est ainsi qu’il y a deux ans, le premier film de la trilogie sortait sur les écrans planétaires. Le succès fut immédiat et constant. Quoique ce premier film proposait une histoire inachevée, les spectateurs n’en conçurent aucun grief. Au contraire, ils prenaient rendez-vous, avec patience et impatience, le temps leur permettant de vivre avec les personnages, l’attente de suivre les développements cohérents d’une histoire. Car c’est bien là l’une des clés essentielles de ce nouveau cinéma, qui retrouve la durée de la véritable tragédie grecque : les héros ont le temps de connaître des rencontres, des évènements, de se forger une personnalité. La trilogie propose ainsi près de 11 heures de film, près d’une demie-journée, au cours de laquelle les parcours se forgent et se forment à vitesse humaine.

Être et Temps

Jusqu’ici, le cinéma raccourcissait les têtes, les vies, les psychologies. Combien de héros ou d’histoires attachantes sont passés sur les écrans tels des comètes dans le ciel noir des consciences ? Or, le spectateur d’aujourd’hui recherche de la cohérence et les films désormais courts -1h30 à 2 heures- ne le satisfont plus. C’est ainsi que Peter Jackson pu s’offrir le luxe d’embarquer son public pendant près de 11 heures, lui offrant cette folie, cet enthousiasme, ce travail. Pour ceux qui connaissaient le Seigneur des Anneaux parce qu’ils en avaient lu le récit de Tolkien, le film est presque décevant tant il est fidèle, parfaitement fidèle.

Une histoire manichéenne

Les Hobbits ont récupéré un anneau, dont ils ignorent l’origine et le sens. Gandalf, le bon magicien, les éclaire à temps sur la menace qu’ils encourent. Les Nazguls, les esprits morts des anciens rois humains, vampirisés par les anneaux offerts par Sauron, le double de Satan, « vont trouver l’anneau et tuer son porteur », dixit Saroumane, le mauvais magicien, converti par Sauron. Dès lors, Frodon, le jeune hobbit porteur de l’anneau est en danger de mort, en sursis. Il lui faut détruire l’anneau dans la Montagne du destin ou mourir. Il n’y a pas d’alternative. Le petit homme va être obligé de devenir un grand homme, aidé dans son entreprise par des humains, des Elfes, un nain qui aime les bons mots d’esprit, trois hobbits, un magicien, et des milliers d’anonymes qui prient pour son succès. On a beau faire et dire, le Seigneur des Anneaux propose une histoire lumineusement manichéenne.

Cinéma muet, image parlante

Voilà donc un film que peu détesteront. Si la fin n’est pas sublime d’un point de vue cinématographique, puisqu’elle est antispectaculaire, elle est néanmoins fascinante car Jackson ose le cinéma muet, celui par lequel les sujets se parlent par le simple regard - magique.
Le sujet essentiel du manichéisme ne s’illustre ici ni par la pensée, ni par la démonstration, mais par des représentations et des images. Les adultes ne sont donc que des grands enfants...

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.