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SNCM : LE NAUFRAGE

dimanche 2 octobre 2005, par Gaëlle Sartre Doublet

Comme à l’accoutumée dès qu’il s’agit du "dossier corse", le gouvernement n’a pas brillé par sa finesse d’analyse ni son entregent. "Ridicule", "couardise", "embrouillamini", "irresponsabilité", les qualificatifs pour dénoncer le règlement d’un conflit annoncé ne manquent pas. Petit tour d’horizon des réactions "à chaud" du monde médiatique, sous forme de revue de presse...

LE MONDE
Edito

"Dans le naufrage de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), l’Etat fait une démonstration d’irresponsabilité, de couardise et enfin d’inconséquence. Et ce, en dépit de l’intervention musclée de l’armée, mercredi 28 septembre, contre les grévistes "mutins" qui s’étaient emparé du "Pascal Paoli".

Irresponsabilité que de laisser au fil des années, depuis 1991, s’engloutir 1,2 milliard d’euros d’argent public sous couvert d’assurer la continuité territoriale entre l’île et le continent. Couardise, puisque rien n’a été fait par les six présidents successifs pour remédier, quitte à oser affronter les syndicats, aux maux évidents de la société : sureffectifs, productivité déplorable, navires trop coûteux, service commercial qui maltraite les passagers... Ajoutons un laisser-faire coupable face au Syndicat des travailleurs corses (STC) aux troubles objectifs politiques qui lui font réclamer une "corsisation" des emplois.

En 2004, les pertes d’exploitation de la SNCM ont encore atteint 29,7 millions pour un chiffre d’affaires de 193 millions d’euros : un abysse. La société privée concurrente, Corsica Ferries, affiche des bénéfices et un trafic en hausse.

On connaissait des privatisations "vente des bijoux de famille", quand l’Etat impécunieux a un besoin urgent de liquidités. Le premier ministre vient d’inventer une nouvelle catégorie : la privatisation défausse. Incapable d’affronter le problème, il le passe au privé, qu’il admet seul capable de courage".

LA VOIX DU NORD
Hervé Favre

"(...) La vérité est qu’à force de s’opposer à la restructuration de la compagnie nationale, la CGT et le syndicat des travailleurs corses (STC) ont conduit à cette situation où seuls des "aventuriers de la finance" comme ils disent, peuvent encore s’intéresser à la SNCM, tandis que les professionnels du secteur sont restés très loin au large. En laissant à quai les usagers pour un oui ou pour un non, les marins de la SNCM ont su faire préférer aux continentaux comme aux insulaires le concurrent italien Corsica Ferries."

NORD ÉCLAIR
Jules Clauwaert

"(...) Bien entendu, notre habituelle dichotomie politique fonctionne à plein. Pour l’opposition, le gouvernement n’a pas su gérer une crise sociale grave, et son projet de privatisation totale d’une "Société nationale" ressemblait fort à une provocation. Pour les autres, le naufrage de la SNCM était prévisible depuis longtemps. Mais le personnel, qui avait vécu en permanence sous l’anesthésie des subventions, a pris comme un coup de massue la révélation des déficits, et des mesures à prendre pour éviter un dépôt de bilan."

LA CROIX
Dominique Quinio

"(...) Bel embrouillamini qui conduit le gouvernement à faire le grand écart : entre fermeté, par l’intervention musclée sur le Pascal Paoli, et reculade, en laissant entendre que l’État pourrait finalement rester présent ’symboliquement’ dans le capital de la société. Pourquoi la négociation sociale tourne-t-elle ainsi à la guérilla ?"

L’HUMANITÉ
Pierre Laurent

"(...) L’abordage héliporté, devant les caméras de télévision, du paquebot Pascal-Paoli par le GIGN apparaît tout à la fois ridicule et gravissime.

Ridicule, tant les moyens militaires mis en oeuvre sont totalement disproportionnés par rapport à l’action syndicale visée, quelle que soit par ailleurs l’opinion que l’on ait du ’détournement’ de ce navire. Gravissime, dans la mesure où la méthode employée procède manifestement d’une volonté de criminaliser toute velléité de résistance à sa politique. Mais l’affaire va plus loin encore. L’ensemble du gouvernement et des forces de droite semblent engagés dans une dangereuse course à la surenchère, les uns comme les autres radicalisant à tout propos leurs propositions antisociales et liberticides, stigmatisant les syndicats et les associations qui ne se plient pas, exploitant les peurs pour justifier de nouvelles entorses au contrat républicain (...)."

L’HUMANITÉ
Stéphane Sahuc
"Il y a quelques semaines, lors de la convention de l’UMP consacrée aux questions économiques, le président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie, lâchait au détour d’une intervention : « La France peut-elle échapper à une confrontation avec les syndicats du secteur public ? » Dominique de Villepin semble l’avoir entendu. Matignon revendique, et se glorifie même, de la démesure des opérations pour casser le conflit à la SNCM. Interventions brutales des forces de l’ordre à Marseille, hélicoptères Puma, commando GIGN, le type même d’intervention militaire prévue pour faire face à une prise d’otages par des terroristes".

L’EST RÉPUBLICAIN
Pierre Taribo

"Le bâton d’une main avec l’intervention des commandos héliportés du GIGN, la carotte de l’autre pour valider une solution de reprise, où l’Etat aura à nouveau sa part aux côtés de Butler et du groupe Veolia sollicité, en dernier ressort, pour jouer le pompier social, Dominique de Villepin tente de dénouer la crise de la SNCM. Pour lui, c’est un signal d’alarme avant la journée d’action du 4 octobre".

L’INDÉPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Le ’patriotisme économique’ du Premier ministre a brillé ici par son absence. Il devra s’en expliquer aujourd’hui et trouver les arguments susceptibles de ramener le calme. D’abord en retrait sur le dossier corse, il est monté en première ligne hier en faisant savoir que l’assaut contre le Pascal Paoli avait été ordonné par Matignon. A présent qu’il a montré sa capacité à faire respecter l’Etat de droit, Dominique de Villepin ne désamorcera la crise que par la force de ses propositions. En attendant, l’avis de tempête sociale est maintenu pour quelques jours".

LE RÉPUBLICAIN LORRAIN
Camille Ollivier

"Il ne manquait plus qu’un acte de piraterie en mer réprimé par un spectaculaire assaut du GIGN pour faire sombrer le conflit de la SNCM dans le ridicule. Il ne manquait plus qu’un épisode guerrier vienne s’ajouter à l’intransigeance syndicale, à l’impéritie gouvernementale et à la surenchère nationaliste corse pour compliquer encore un dossier qui traîne lamentablement depuis des années".

LE TÉLÉGRAMME
Hubert Coudurier

"(...) Sur le fond, le dossier de la SNCM est évidemment accablant. Quand l’Etat laisse filer, pendant des années, les responsabilités qui sont les siennes, quitte à concéder aux syndicats un rôle qui n’est pas le leur, c’est toujours, au final, la catastrophe financière et donc sociale. En l’occurrence, Dominique Perben n’a guère brillé par son efficacité, déléguant au préfet Christian Frémont le soin de se "dépatouiller" avec le dossier.
Une illustration, jusqu’à la caricature, des faiblesses du modèle français, quand le manque de courage politique conduit à brader des entreprises non dirigées à des fonds d’investissement, qui risquent de ne leur appliquer qu’une stricte logique financière. Outre que l’absence de compétitivité et la mauvaise qualité du service ont fait le jeu de la concurrence, la crise s’est doublée, hier, d’un affrontement politique entre la Corse et le Continent. Telle était la stratégie des intérêts quasi mafieux, qui auraient voulu faire de ce dossier pourri un cas exemplaire de résistance à Paris et à la mondialisation".

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