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L’ENNEMI SAEZ

samedi 3 janvier 2004, par Gaëlle Sartre Doublet

Vous ne connaissez pas Saez ? Normal. En dehors d’un tube, "jeune et con"
 [1], passé sur toutes les ondes il y a presque deux ans, ce post-adolescent, relativement propulsé par la radio "Le mouv’" ne fait guère parler de lui.
Jeune ? Pas si sûr... ou alors de ces jeunesses qui se consument de trop d’amour, de haine, de lucidité et d’espoir. Saez se brûle les ailes à l’image du monde que nous habitons tous. Et on en redemande.

Être humain

La première fois que je l’ai vu, c’était à Toulouse. Un concert gratuit de la Fnac, en Décembre 1999 [2]
Le mouv’ ne l’avait pas encore découvert et il se pointait, presque timide, devant une cinquantaine de personnes.
La télé locale, TLT, ne jugea pas utile de rester plus de cinq minutes, après avoir perturbé nos oreilles avec son artillerie. Il dit "au revoir" en souriant à l’équipe de journalistes qui n’avait pas eu cette courtoisie, puis la musique reprit, doucement.
Derrière moi, un mélomane couchait religieusement des notes, noires, blanches, sur un cahier quasi-scolaire.
La ferveur de la salle était presque palpable et offrait son silence, comme un hommage, entre deux morceaux.
Lui, il était là, génial musicien, 22 ans à l’époque, en jean, chaussures éventrées, mèche au vent. Morgue et humour aussi.
Déjà blasé.

Terre de contrastes

Parler de Saez est difficile. Sa musique exprime finalement mieux que lui, au-delà de lui, la joie et la difficulté de vivre. Ce personnage, parfois cabot, qui plaît aux musiciens avertis comme aux midinettes pailletées est trouble, double.
Il offre l’amour comme il parle de haine, de destruction, de rêve. D’un même jet, il propose, à l’image d’un peintre, sa palette de couleurs. Il faut entendre ses mélodies...
Comme un chat, il caresse ou griffe, vient se faire cajoler ou agresse.
On passe - avec transitions - de délicieuses reprises apaisantes ("My funny Valentine") ou de superbes compositions musicales (Thème I & II), à la dénonciation de la violence ("J’veux du nucléaire") comme de la misère, sous toutes ses formes. Il nous rappelle Massoud, nos sexes dans ce qu’ils ont de plus crus, nos instincts de domination.
Il parle de nous, en véritable humaniste, avec beaucoup d’indulgence mais sans aucune concession.

Mélodie en sous-sol

Cependant, interpréter Saez est déjà une trahison. Sa musique parle d’elle-même, melting-pot d’influences : Brel, Minight Oil, Pink-Floyd, Mozart, Supertramp, Chopin, jazz, techno...
Il est tout ça et il n’est rien de tout ça. Mélomane averti, il sait se saisir des influences qui l’ont construit pour fonder son univers propre et nous l’offrir en partage.
Il fouille au fond de notre mémoire collective comme de nos entrailles pour en extirper le meilleur.
C’est beau, c’est gai, c’est triste, parfois drôle, agressif, révolté ou désespéré, mais ce qui est certain, c’est que ça marche !
A mettre entre toutes les oreilles...

- Saez, "Jours étranges", Universal, 1999.
- Saez, "God blesse", Universal, 2002
- Saez, "Debbie", Barclay, 2004

© Dessin : Laetitia Koch 2002-2004 - Tous droits réservés.


[1A noter : les fautes d’orthographe du lien indiqué ci-avant ne relèvent pas de Damien Saez, mais bon, le sens y est !

[2Anecdote croutillante au 26/10/2006, pour quelques-uns de ses fans qui m’ont contactée : non, je ne le connais pas, mais je venais juste de casser mes lunettes et j’arrivais en retard - enfin disons plutôt à point nommé - avec une amie. Le concert n’avait pas commencé, mais les cinquante chaises étaient prises, et nous n’avions plus de place.
Sans se démonter, Saez nous offrit de nous asseoir en tailleur, juste au pied de l’estrade (trop petite pour parler réellement de scène).
Je suppose que, vu l’ampleur des messages reçus, je pourrais susciter bien des jalousies pour avoir bénéficié d’une si avantageuse position. Néanmoins, que ses admiratrices se rassurent : je n’y voyais rien !
Je me suis donc concentrée sur mes oreilles, expérience que je ne regrette pas.
Mon amie, par contre, qui avait toute sa vision intacte, n’est pas restée insensible au charme de l’impétrant...
Finalement, une rencontre, ça tient à trois fois rien : si ça se trouve, avec des yeux de rechange, je lui aurais sûrement proposé une interview.

PS : que les esprits chagrins qui s’indignaient que j’ai zappé "Debbie", paru chez Barclay en août 2004, prennent acte que ce présent article lui est de plus de six mois antérieur. Le voilà cependant ajouté à la liste, avec des liens tous neufs !
Heureusement que j’apprécie le bonhomme, sinon, je courais au lynchage :-).
Ceci dit, je ne suis pas certaine que son talent mis à la portée des téléphones mobiles et autres sonneries stridentes serve son engagement comme sa musique...

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