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DE GAULLE : LES VÉRITÉS INTERDITES - vox-populi.net

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DE GAULLE : LES VÉRITÉS INTERDITESDE GAULLE : LES VÉRITÉS INTERDITES

dimanche 26 mars 2006, par Jean Christophe Grellety

Fondateur (et premier bénéficiaire) de la Vème République, qui est encore le régime de la France de 2006, Charles de Gaulle fait l’objet d’une propagande d’Etat sans faille. L’homme a ses conteurs attitrés, les aèdes et autres bardes de sa vie épique : Jean Lacouture, Max Gallo, son fils...
La Gaullolâtrie ne veut pas entendre parler de ce qui fâche. France Télévisions propose une nouvelle mise en scène qui, comme celle d’Hitler diffusée par TF1, ne nous apprendra rien, mais permettra de montrer comment l’individu qu’il fut a pu travailler, avec tant d’acharnement, à devenir l’homme qui prétendait se confondre avec « la France », « la voix de la France », devenant ainsi le premier véritable successeur de Louis XVI...

Qui est-il ?

Natif de Lille, il est le troisième enfant d’Henri et de Jeanne de Gaulle, une famille dont les biographes disent pudiquement qu’elle était « traditionnaliste et conservatrice », ce qui signifiait que papa, maman et les femmes vénéraient le pape, entretenaient la mémoire du Roi, exaltaient la France et le « patriotisme ».
Son père était professeur dans l’enseignement catholique, réputé pour être « dévôt et patriote ».
Charles reçoit une formation chez les Jésuites, qui lui apprennent à lire autant ceux et celles qui sont du « bon côté » que les autres : Maurras, le national socialiste français, mais aussi Peguy, rare catholique dreyfusard...
En 1908, il intégre Saint-Cyr avant d’être affecté au 33ème régiment dirigé par le Colonel... Pétain.
Lorsque la guerre de 14 est déclarée, il est lieutenant, participe aux combats, est blessé trois fois puis se bat à Verdun avant d’être fait prisonnier.
A la différence de nombreux gradés, De Gaulle n’est pas un couard qui se cache derrière ses troupes, ni un flatteur qui gravirait, marche après marche, les échelons du pouvoir militaire.
Car après que le tout nouveau Maréchal Pétain l’appelle pour travailler auprès de lui, au Conseil Supérieur de la Guerre, afin de lui faire écrire un ouvrage sur l’Histoire du Soldat Français, le futur Général refuse d’offrir les épreuves et le texte au Maréchal, comme un « nègre » littéraire l’eut fait.
Le Maréchal ne pardonne pas l’affront. De ce jour, jusqu’à sa décision de quitter Bordeaux pour rejoindre l’Angleterre, afin de mettre en place une « représentation nationale » résistante à l’Allemagne nazie, triomphante sur l’Hexagone, De Gaulle fait et propose les bons choix.
Dans son ouvrage, « Vers l’armée de métier » en 1934, il soutient que la défense nationale française, face à l’Allemagne nazie qui affirme ses prétentions et ses objectifs militaires, doit moderniser ses moyens d’actions, en privilégiant la mise en place de « moteurs cuirassés », d’unités de chars, capables d’intervenir avec rapidité et puissance...
Ce sera cette « force mécanique supérieure » qui, lors de la Guerre éclair de 1940, provoquera la défaite de la France, dont l’armée était pourtant réputée être « la meilleure du monde ». Mais la meilleure armée du monde ne peut rien avec les plus mauvais chefs du monde - sans compter ceux qui travaillent depuis plusieurs années à une "étrange défaite". [1]

De Gaulle incarne-t-il la Résistance ?

Dès le 18 Juin 1940, sa voix résonne sur les ondes de la BBC. Le Comité de la France Libre se met en place à Londres, et il rassemble des Français de tous horizons. De là, il s’affirme comme le « chef » des Français. Or, la Résistance réelle est celle qui opère sur le territoire hexagonal, là où les dangers, et la mort, rôdent : la Gestapo, les S.S, la Wehrmacht, la Milice...
La Résistance est le fait de milliers d’anonymes, d’hommes et de femmes, dont les activités en réseaux vont contribuer à affaiblir la machine de guerre nazie. En Limousin, les chefs militaires nazis rapatrient des troupes du Front Russe pour tenter de liquider la Résistance de cette région que les soldats appellent « la petite Russie », résistance dirigée par Georges Guingouin (décédé le 27 Octobre 2005).
L’unification de la Résistance est l’oeuvre de Jean Moulin, mais celui-ci meurt des coups portés par Klaus Barbie. Lorsque l’Allemagne nazie s’effondre - alors qu’elle propose le régime du chef par excellence, alors qu’elle est vaincue par un réseau d’alliés "égaux" - et que les dirigeants du régime de Vichy fuient ou sont arrêtés, De Gaulle rentre en France.

La liste noire des erreurs, des fautes et des échecs

A peine a-t-il posé le pied sur le sol national que De Gaulle ose insulter des soldats français. En effet, les soldats du commando Kieffer ont participé au débarquement de Normandie (sur la plage Sword entre Lion-sur-Mer et Colleville-Montgomery). Les troupes françaises ne constituent pas le gros des troupes débarquées. Les soldats de ce commando ont fait preuve de courage et de sens tactique, mais De Gaulle refuse de les saluer, car, formés par les officiers des commandos d’élite britanniques, ils portent un habit militaire façonné par les anglais et sur lequel est cousu un symbole anglais !
Alors que les Anglais lui ont offert une base arrière pour mettre en place la future « France libre », ce premier excès de « patriotisme » est le signe d’un état d’esprit dangereux, qu’il va développer à outrance : l’indépendance », dans sa version autarcique, comme si la France ne devait rien à personne...
La liste des "compagnons de la Libération" est également discutable : de nombreux héros et héroïnes de la Résistance n’en font pas partie - ils étaient communistes - tandis que les gaullistes historiques sont propulsés au sommet de cette gloire. Est-ce pour cela qu’il oublie d’honorer la participation des soldats des « colonies » et singulièrement les soldats algériens qui ont œuvré à la libération de la France ?
Alors qu’il accède aux responsabilités suprêmes, il oublie déjà d’être juste, droit et visionnaire comme il avait pu l’être auparavant. Le 8 Mai 1945, à Sétif et à Guelma, les célébrations de la victoire se transforment en émeutes : une centaine de colons sont tués. Quelle est la compréhension et l’interprétation de ces événements par le pouvoir ? Quelle est la réponse des nouvelles autorités, issues de la Résistance, et rassemblées autour de De Gaulle ? La répression.
S’il est certain que nombre de grands résistants français n’ont pas pris la mesure, dès cette date, de cette trahison de l’Etat français envers les Algériens (que la rhétorique officielle continuait de distinguer des Français ou qu’elle qualifiait encore d’indigènes), De Gaulle était-il lui aussi ignorant des faits, ou tout simplement un partisan déterminé d’une Algérie Française ?
En France, « l’épuration » (c’est-à-dire la détermination, l’examen - voire le procès - de l’identité des collaborateurs et des criminels du régime de Vichy), est désorganisée, incohérente et De Gaulle fait tout ce qui est en son pouvoir pour l’atténuer, au nom d’une « unité nationale » bien pratique pour celles et ceux qui ont beaucoup à se reprocher.
Le désormais célèbre Maurice Papon passe ainsi entre les mailles du filet, grâce à un certificat de complaisance, dit de « résistance ». Si Papon avait simplement échappé à cette identification avant de disparaître dans l’anonymat et une inexistence sociale jusqu’à la fin de ses jours, De Gaulle n’aurait pas été sali par les mauvaises oeuvres du haut fonctionnaire bordelais. Mais en 1958, Maurice Papon est nommé Préfet de Paris. Sa responsabilité personnelle est engagée dans les événements du 17 octobre 1961 : des civils algériens, membres du FLN, entendent défiler pour une marche de la paix, mais les forces de police se déchaînent et les cadavres des manifestants assassinés flottent sur la Seine. Papon est maintenu dans ses fonctions.
De Gaulle est alors Président de la République, élu par 80000 « grands électeurs », à la suite d’un coup d’Etat fomenté par ses amis, profitant de la « crise d’Algérie ».
Car De Gaulle n’est pas revenu de son exil politique de manière démocratique, mais a été présenté tel le sauveur de la nation - comme Pétain l’a été en juin 40 pendant la débâcle [2] Il profite de ce "coup d’Etat permanent", selon la formule-titre d’un ouvrage de François Mitterrand, pour instaurer une République de nom et de façade, une "monarchie constitutionnelle", qui maintient un pouvoir censitaire (avec le Sénat) et au coeur de laquelle se trouve un Président de la République aux pouvoirs exorbitants. En fait-il bon usage ? Il faut constater qu’il ne règle pas la crise d’Algérie. Il va à Alger haranguer les foules d’un "Je vous ai compris" qui ne veut rien dire [3] et puis, face à l’échec humain patent d’un maintien de la France et des Français en Algérie, organise un départ dans des conditions déplorables - les premières et principales victimes de ce départ précipité étant les Harkis restés en Algérie, qui, malgré les accords d’Evian, ont été massacrés (des milliers, dizaines de milliers de victimes ?).
En France, le pays est cadenassé par la concentration des pouvoirs économiques, politiques, et médiatiques (l’ORTF dispense une information muselée, aseptisée). La démocratie est de plus en plus formelle. La contradiction entre le "grand âge du capitaine" et la déferlante de la jeunesse issue du baby-boom devient intenable et aboutit aux événements majeurs de cette décennie, avec ce que symbolise et signifie "Mai 1968".
Mais malgré "la chienlit", le "vieux Général" ne voudra pas partir. "Le sens de l’honneur" l’y contraindra en 1969, après qu’il ait perdu le référendum sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la transformation du Sénat.

La France a-t-elle besoin de grands hommes ?

La traduction de cette question par : la France a-t-elle besoin de grands chefs, d’un grand chef, est une trahison. Tous les pays du monde ont besoin de "grands hommes" - et soit-dit en passant, désormais, de "grandes femmes". Mais cela ne signifie pas que la structure du pouvoir doit continuer d’être archaïque, articulée autour d’une personne unique, puisque le système dépend trop alors de son génie ou de sa bêtise, si ce n’est de sa folie.
Charles de Gaulle a été incapable de "moderniser" l’organisation politique de la France parce qu’il vivait dans un culte narcissique de sa personne, réputée géniale en toutes choses, sur des références monarchistes injustifiées dans la tête d’un Président d’une République.
Mais si, dans certaines circonstances de sa vie, le Général sut faire des bons choix, il est prouvé, acté, que son conservatisme familial et social l’a conduit à choisir des hommes peu fréquentables pour des responsabilités nationales, à devenir de plus en plus manichéen, à s’identifier au Roi-du-Bien, ce qu’il n’était pas.
De De Gaulle à Chirac, en passant par Mitterrand, il faut constater cette "étrange défaite" de la République, consubstantiellement laïque : dirigée par des catholiques (dont l’un fut même proche et sympathisant de "la Cagoule"), la République Française, fondée par et dans la Revolution Française, ne parvient pas à remettre les clés du pouvoir au peuple, à réaliser la souveraineté.
Ne pas avoir trahi la République et la France n’a pas transfusé dans le cerveau et l’âme de De Gaulle génie, intelligence, sensibilité et grandeur pour toute la durée de sa vie.
Il ne fut pas l’un des "géants du 20ème siècle".


[1Cf. le livre de Marc Bloch, "L’étrange défaite", écrit dans les semaines qui ont suivi la déroute de 1940.

[2"Or, en dépit d’une erreur courante, volontiers propagée par ce dernier" (Le Pen) " de manière parfaitement contradictoire avec sa propre injonction d’amnésie, et première véritable révision historique repérable sur ce dramatique épisode, ce n’est pas la Chambre de Front Populaire élue en 1936 qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain, mais une Assemblée bien plus large, quoique très incomplète, et notablement plus conservatrice, de députés et de sénateurs." (Gérard Boulanger, dans "A mort la Gueuse", Calmann-Lévy, 2006, page 290)
Cf. notre prochaine interview de Gérard Boulanger, pour son livre, "A mort la Gueuse" ou comment Pétain liquida la République à Bordeaux, 15,16,17 juin 1940.

[3Jacques Marseille déclare au Monde : "Le deuxième scénario est celui de la "rupture-trahison". Notre histoire en offre deux superbes. La plus belle est celle de De Gaulle, qui arrive au pouvoir en 1958 avec une opinion qui croit que, comme elle, il est pour l’Algérie française, alors qu’il est persuadé qu’il faut s’en débarrasser. Pour faire cette rupture-trahison, il faut un charisme très fort, beaucoup d’autorité et de cynisme."
Le Monde, édition du 25 Mars 2003


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