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DES BANLIEUES AU CPE, LA FIN DE LA VÈME RÉPUBLIQUE ? - vox-populi.net

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DES BANLIEUES AU CPE, LA FIN DE LA VÈME RÉPUBLIQUE ?

dimanche 16 avril 2006, par Jean Christophe Grellety

Dans un peu plus d’un an, Jacques Chirac ne sera plus Président de la République. Plus de dix ans après sa première victoire à la Présidence de la République, la France vient de traverser une nouvelle crise via le CPE, un contrat de travail injustifiable puisqu’il aurait évacué tout motif de licenciement et aurait pesé, telle une épée de Damoclès, à chaque seconde sur la tête du salarié qui l’aurait signé.
Pour Dominique de Villepin, la solution au « chômage des jeunes » passait nécessairement par la reproduction du CNE pour les moins de 26 ans.
Malheureusement pour le premier ministre, plus de 60% des Français ne l’ont pas entendu de cette oreille.

Le souffleur de la "fracture sociale"

Pourquoi Dominique de Villepin est-il premier ministre ? Force est de constater que ce haut fonctionnaire n’est pas un élu de la République, première innovation douteuse. La droite, étrangement légitime suite à la présidentielle et aux législatives de 2002, n’a cessé d’accumuler les défaites électorales, jusqu’au référendum constitutionnel de mai 2005.
En 1997, Jacques Chirac, confronté à une nouvelle crise de légimitité de l’exécutif et du législatif, avait choisi de dissoudre l’Assemblée Nationale. Lors des nouvelles élections, sous le verdict des urnes, il avait du appeler Lionel Jospin pour cinq années de cohabitation. A deux ans de la fin de son deuxième et probable dernier mandat, Jacques Chirac n’a pas voulu que l’UMP perde une part de tous les pouvoirs, économiques et politiques, qu’elle contrôle.
Se refusant à nommer Nicolas Sarkozy, leader de la droite, il a confié les rênes de la plus haute fonction politique après la sienne à son ami et conseiller en chef depuis des années, Dominique, le poète de la "fracture sociale". Une fracture qui avait pris corps, d’une manière impressionnante, avec "la crise des banlieues" dont les feux, à peine éteints, ont été splendidement oubliés par l’exécutif - qui n’a pas que cela à faire. Il faut aussi avoir du temps pour lire Claudel, Bernanos, Léon Bloy...

"Les députés ? Tous des ..."

Là encore, les témoignages convergent, et le dernier livre de Franz Olivier Giesberg est là pour mettre le feu aux poudres. Pour ce descendant d’une petite noblesse, les députés sont des « connards ». Et comme Dominique, il « a des couilles » (c’est du Villepin dans le texte... oral - ou anal ?) et s’apprête à faire de la politique à la hussarde : il charge. Car Dominique a décidé d’utiliser les termes de la rhétorique guerrière et hypervolontariste : « guerre au chômage », « détermination », « mobilisation générale », « victoire ».
Enflammé par les mots et les images de la France royaliste et impériale, Dominique charge - qui et quoi ?
Le peuple de France, « l’immobilisme », « le rejet de la réforme ». Dans les quatre murs de Matignon, Dominique conduit des batailles, qu’il gagne à chaque coup. C’est ainsi qu’il remporte une première victoire sur « le dialogue social », ce temps perdu de la concertation, avec le CNE : adopté par décret, les salariés ne mouftent pas. Après la guerre civile initiée dans les banlieues de France, le Premier Ministre promet une loi sur l’égalité des chances.
Comment va-t-il promouvoir une égalité des chances entre les nantis, les favorisés, et ceux qui ne le sont pas ?
Avec la traduction du CNE, à l’attention des jeunes de moins de 26 ans : un CDI (sic !), mais qui, pendant deux ans, peut être révoqué à chaque instant, et sans que le patron soit obligé d’expliquer le motif de sa décision.
Egalité des chances : les hauts fonctionnaires dont Dominique est l’un des membres sont eux-mêmes révocables à chaque instant, sans que l’Etat ait à se justifier. Non, pardon, il s’agit d’une illusion. La France qui vit dans les conditions de l’hypersécurité, juridique et financière, explique à celle qui ne travaille pas qu’il faut comprendre ce drame et son échec par le fait qu’elle partage, dans le travail, des conditions juridiques et financières trop avantageuses, et que, en les réduisant, les patrons vont embaucher à tout va. Les résultats du CNE sont là pour fonder cette croyance et cette affirmation. Sauf que les premiers résultats du CNE démontrent, au contraire, que des patrons se sont comportés, hélas, trois fois hélas, comme des voyous, dénoncés par avance par les syndicats et l’extrême-gauche (mais ce que dit l’extrême-gauche, pour Dominique...), en embauchant et en licenciant, comme cela, pour des broutilles, parce que certains recherchent une secrétaire finalement plus sexy et obéissante...

Ubu n’est plus roi, mais le devenir-roi de la Présidence dans la Vème République, avec son valet le plus servile et serviable, le Premier Ministre, a conduit la France à l’expérience collective du surréalisme : le Président promulgue, mais décrète que la loi votée ne doit pas être appliquée. Et, afin de ne pas froisser l’amour-propre de son fidèle serviteur (Dominique a pourtant affirmé récemment qu’il en était dépourvu !), l’exécutif et le législatif naviguent, à vue d’oeil, entre les formules « d’apaisement ». Mais le retrait du CPE laissera intact le CNE, le reste de la "politique du gouvernement" comme les structures "ancien régime" de la Vème République.

Une année, de plus, inutile

Depuis de nombreuses années, les "démocraties" font l’expérience de leurs limites. Gouvernées par des "oligarchies" ou des "aristocraties" qui contredisent et nient "le pouvoir du et au peuple", elles ont été conduites à élire, par l’intermédiaire de campagnes de communication, des personnages, de Georges W. Bush à Jacques Chirac, dont l’habileté relationnelle est indéniable mais dont les Q.I. respectifs ne sont pas à la hauteur. Etre Président d’une nation comme la France, ou pire encore, comme les Etats-Unis, ce n’est pas comme être le chef d’une démocratie de 30.000 citoyens pour 100.000 habitants, comme l’Athènes légendaire, mais diriger des dizaines, ou des centaines de millions de personnes. La connaissance de ces nations, de leurs organisations, de leurs problèmes, des avancées techniques, scientifiques, des règles comptables etc., est indispensable, et pourtant fait défaut chez ces leaders.
2006 va donc être une année qui se traîne, une année inutile, pendant laquelle les réformes profondes et bienfaisantes ne se feront pas.
Et si ces réformes peuvent et doivent être faites, la participation populaire à leur élaboration est requise, nécessaire, si celles et ceux qui se veulent des citoyens actifs, ne souhaitent pas d’une VIème République qui soit la copie, dramatique, de ce système contradictoire.

Image extraite de l’encyclopédie Wikipédia.

"Place aux évènements voyous", texte de Jean Baudrillard, dans Libération, édition du 14 avril 2006 :

"Le pouvoir, lui ou ce qu’il en reste, n’a plus qu’une fonction sécuritaire, préventive et policière : annuler, liquider, effacer les traces de ces événements hors norme. Quant à en effacer les causes, c’est impossible ­il faudrait changer toutes les données ; or le pouvoir tel qu’il est ne vit que de cette situation pourrie. Désamorcer de telles situations, sauver les apparences (exactement ce qui se fait actuellement en France). Mais on sait que toutes ces procédures de récupération n’ont jamais fait que fomenter d’autres événements plus graves encore. Derrière les défis idéologiques des uns aux autres, derrière la confusion de la scène médiatique, il faut saisir quelle situation mondiale est en jeu : celle de l’affrontement entre une puissance hégémonique, maîtresse des rapports de force, et une résistance irréductible qui peut surgir de partout.

A ce niveau-là, les jeux ne sont pas faits, et le suspense est total."

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