Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/voxpopuli/www/config/ecran_securite.php on line 317
UNE JOURNÉE SANS SARKOZY... - vox-populi.net

Accueil > Société > UNE JOURNÉE SANS SARKOZY...

30 NOVEMBRE :

UNE JOURNÉE SANS SARKOZY...

dimanche 23 septembre 2007, par Gaëlle Sartre Doublet, Jean Christophe Grellety, Miss Achtar

Jean-Christophe Grellety a eu la bonne idée d’interviewer sur l’Action littéraire Pierre Bitoun (Président de l’association RDT - Rassemblement pour la démocratie à la télévision).
Pour tous ceux qui commencent à se réveiller, avec la gueule de bois, fruit d’une toute nouvelle forme de propagande, voici un mode d’emploi tout terrain pour les cinq années à venir :
Ils sont beaux, ils sont jeunes, font du footing sur les Champs Elysées, côtoient les grands de ce monde et nous encouragent à "travailler plus pour gagner plus", squattent les plateaux télés et stigmatisent toute forme de déviance en dehors de la leur.
Ils sont, ils sont...

Action Littéraire :
Vous êtes l’un des co-fondateurs d’une nouvelle association, « Le Rassemblement pour la Démocratie à la Télévision ». Il y a quelques jours, quelques médias ont relayé votre appel pour une journée symbolique, une Journée sans Sarkozy dans les médias. Vous trouvez donc que Sarkozy est chaque jour dans les médias(...)
Comment cela est-il possible ?

Pierre Bitoun :
Les preuves quantitatives de la surmédiatisation de Sarkozy ne manquent pas. Selon le baromètre des JT publié le 10 septembre par INA’Stat, il occupe une place prépondérante et, sur la période d’avril à juin dernier, arrive en tête des personnalités médiatisées par les JT. Selon des sources internes à l’AFP qui m’ont été communiquées, il y aurait eu depuis son arrivée à l’Elysée 12 000 dépêches le concernant ; faites le compte : sur 100 jours , c’est 120 dépêches quotidiennes, sur 4 mois, 100 !
Mais au-delà des chiffres, il y a la perception qu’en a l’opinion publique. Si notre appel a été si rapidement et fortement relayé, c’est bien parce que les gens ont clairement conscience du traitement de faveur dont bénéficie Sarkozy dans les médias, du véritable culte de la personnalité qui s’est développé autour de lui. Comme nous l’a écrit un internaute : “J’ai voté pour Sarko, pas pour de l’intox !” Comment en est-on arrivé là ?
Je crois qu’il faut distinguer plusieurs facteurs qui, dans la réalité, se conjuguent, font mayonnaise : une cellule de communication de l’Elysée qui travaille à plein régime, les connivences de milieux et d’idéologies entre les journalistes qui détiennent les postes-clés dans les médias et la droite française, l’obsession de l’exécutif, du Pouvoir que cultivent maints journalistes, et enfin la récente starisation, à l’américaine - ce qu’on appelle la peoplisation - des hommes politiques.
Ce sont tous ces facteurs - et peut-être d’autres encore que j’oublie - qui font la sarkozite médiatique !

Action Littéraire :
Est-ce que cet appel est resté, malgré tout, confidentiel, ou a-t-il eu des échos inattendus ?

Pierre Bitoun :
Cet appel connaît un important retentissement alors qu’au départ nous n’avons envoyé aucun communiqué de presse !
Il a simplement fait boule de neige sur le Net et, pour une fois, en est sorti. L’essentiel de la presse écrite et audiovisuelle française s’en est fait l’écho, témoignant par là même d’un mécontentement sans doute ancien et profond parmi les journalistes.
Des médias étrangers, en Allemagne, Italie, Belgique, Suisse, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Corée du Sud, etc., en ont également rendu compte ou s’apprêtent à le faire.
Enfin, nous recevons de la part de nos compatriotes un abondant courrier de soutien, souvent enthousiaste.

Action Littéraire :
L’association a des objectifs qui concerne donc « la télévision », ce qui, aujourd’hui, avec les chaînes satellites, représente un espace important.
Quels sont-ils ?

Pierre Bitoun :
Le Rassemblement pour la démocratie à la télévision (RDT) s’est fondé sur deux objectifs.
D’abord, interdire la réalisation des sondages durant les trois mois qui précèdent un scrutin électoral afin d’éviter que notre bulletin de vote, notre premier - et, pour beaucoup, seul moyen d’expression - ne soit sous influence, sous tutelle. Nous réclamons un minimum d’opacité afin de récupérer [un espace] de liberté, de conscience, de choix, et nous voulons aussi reconquérir (...) du temps médiatique pour débattre réellement de politique : il y en a assez des commentaires à l’infini des sondologues sur tel ou tel chiffre, tel ou tel pronostic !
Ensuite, nous proposons de démocratiser la fabrication et la présentation des JT de TF1 et France 2 suivant un dispositif participatif : pendant un temps (une semaine, 15 jours ou 1 mois s’il le faut pour des questions d’organisation), c’est un journaliste-superstar de la chaîne qui assure, avec son équipe, la confection et la présentation du JT ; la période suivante, c’est un journaliste extérieur (qui peut venir de la presse écrite, la radio, d’Internet, etc.), volontaire, rémunéré et représentatif d’un courant d’idées ou d’opinion qui se charge du travail, avec son équipe ou celle de la chaîne ; [enfin], la période encore suivante, c’est au tour d’un citoyen, volontaire, rémunéré, représentatif d’un milieu social ou d’une question de société, d’être le rédacteur en chef-présentateur. Et ainsi de suite...
Par cette proposition, et d’autres du même esprit que l’on pourrait décliner sur les chaînes d’information en continu ou à la radio, nous voulons mettre en débat la confiscation des heures de grande écoute par une minorité de journalistes du public comme du privé et démontrer qu’une télévision, instrument de démocratie, d’écoute des autres, est tout à fait envisageable...
Existera-t-elle un jour ? (...) Libèrerons-nous un jour notre bulletin de vote de l’influence des sondages ? Je n’en sais rien car nous avons affaire à forte, très forte partie. Mais le combat vaut d’être engagé et il requiert que le plus grand nombre se mobilise...

Action Littéraire :
Entre les citoyens-télespectateurs et le monde de la télévision, de ceux et celles qui la font, il semble qu’elle constitue un mur, que les premiers soient destinés à être des cerveaux disponibles, et les seconds les scribes appliqués de l’écriture d’une pensée dans ces cerveaux disponibles, en somme, que les premiers sont considérés par les seconds comme des moutons qui sont dociles et doivent le rester. Pensez-vous que les citoyens peuvent être capables de poser des problèmes à cet ordre qui se pense de droit divin ?

Pierre Bitoun :
Bien sûr ! Car cet ordre n’a justement rien de divin et qu’il est fabriqué par des hommes, des groupes d’intérêts qui se servent de la télévision pour modeler les esprits, asseoir leur pouvoir, multiplier leurs profits. Et donc on peut le changer, en créer un autre, si comme je le disais à l’instant, on joue sur la loi du nombre qui est notre arme essentielle.
Tous les mots, comme vous pouvez l’imaginer, dans l’intitulé de notre association, ont été soigneusement pesés, choisis : “rassemblement” en référence à cette idée que tous, citoyens et journalistes (car il existe aussi des scribes libres !), doivent se mobiliser, “démocratie à la télévision” pour signifier que le temps est venu, non plus seulement de critiquer, de dénoncer mais de transformer la télévision et, par la même, la démocratie.

Action Littéraire :
Dans une vidéo enregistrée aux Journées d’été du Parti Socialiste, Daniel Schneidermann raconte que lui et son équipe se sont toujours intéressés aux télévisions du monde, et notamment des pays dans lesquels les libertés sont réduites ; et que, à cette rentrée, avec la disparition de la grille d’Arrêt sur Images sur la 5ème, ainsi qu’avec de nombreux autres faits majeurs (ce que sont devenus les JT, les programmes quotidiens), « on y est », c’est-à-dire que nous sommes entrés d’une manière plus évidente et dramatique dans une dictature. Est-ce votre sentiment et votre analyse ?
Et que pensez-vous de la renaissance d’Arrêt sur Images sur Internet ?

Pierre Bitoun :
Je ne pense pas qu’on puisse parler de dictature, car les fondements de l’Etat démocratique (libertés individuelles, suffrage universel, etc.) ne sont pas remis en cause dans leur principe.
En revanche, une dictature médiatique, oui : les heures de grande écoute télévisuelle sont confisquées, les pensées à la fois courtes et dangereuses pour le bien commun qui y sont développées font tache d’huile dans bien d’autres médias. Et donc, dans les consciences...
Pendant ce temps, tous ceux qui pensent, vivent, agissent autrement voient leurs possibilités de diffusion réduites ou se trouvent carrément ghettoïsés.
J’espère de tout cœur que Daniel Schneidermann, et toute l’équipe d’Arrêt sur images, vont réussir à surmonter, via Internet, la scandaleuse censure qui vient de s’abattre sur cette émission de qualité.




NB : Miss Achtar illustre Vox pop’ !

Visiter son site :
http://www.miss-achtar.net/

Creative Commons License
Cet article et ses dessins sont mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

PS : Sarkozy se lâche :

Pour aller plus loin :
http://sarkozynews.canalblog.com/

Arrêt sur images, c’était ça aussi :

... Et ça reprend là : http://arretsurimages.net/

Messages

  • je vous rejoinds dans la mjorité de ce que vous dites dans votre article, la 1ère fois que j’ai entendu l’information d’une journée sans sarko, c’etait sur internet (c’était il y a plus de 15 jours), mais ne pas parler de sarko pendant une journée c’est en parler 1000 fois plus avant !!!!!!!!, déjà la sssuuurrrdddooossse !!!!!!!!!

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.