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SADDAM : GAME IS OVER - vox-populi.net

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SADDAM : GAME IS OVER

jeudi 18 décembre 2003, par Jean Christophe Grellety

Dimanche 14 Décembre 2003. Ceux qui profitent du repos dominical pour traîner, lire un peu et écouter d’une oreille distraite « les infos » (de préférence sur des networks anglo-saxons), ont la surprise, et pour certains la joie, d’entendre la rumeur prendre corps :
« les forces de la coalition auraient arrêté Saddam Hussein à Tikrit ». Pendant trois ou quatre heures, une même question parcoure toutes les lèvres : l’ont-ils eu cette fois ou se sont-ils encore faits duper ?

"We got him"

Puis les faits s’accumulent : les tests ADN attestent la véracité de l’information et l’image jaillit : Saddam Hussein, simple prisonnier, hirsute et barbe poivre et sel, examiné par un médecin militaire américain, doit à présent faire face à la justice.
« Ladies and Gentlemen, we got him ! », « nous l’avons ! », déclare en début d’après-midi Paul Bremer. L’ex-dictateur et homme tout puissant d’un Irak de trente ans - une mauvaise durée - traqué comme un vulgaire malfaiteur, est désormais entre les mains des soldats américains, et ne peut plus nuire. Car après la chute de Bagdad il y a huit mois, le « raïs » ne s’est pas gêné pour financer une guérilla dont les actions furent parfois spectaculaires et mortelles : Viera de Melho, représentant de l’ONU, est ainsi mort avec ses assistants, dans les décombres d’un attentat suicide...

Anti-américanisme primaire ?

Qu’ils soient anti-américains de naissance ou opposés à une intervention militaire, comme Jacques Chirac, certains souriaient aisément des difficultés yankees en Irak, rappelant à l’envie des « on vous l’avait bien dit » comme des « il ne fallait pas y aller ».
La guerre gagnée en trois semaines et avec un « minimum » de morts ne pouvait trouver grâce auprès des opposants déclarés du conflit, lesquels considéraient la poursuite des combats comme une preuve supplémentaire de l’inanité de cette guerre.
Les Etats-Unis avaient déclaré, par le biais d’un Georges W. Bush aviateur flambant sur un porte-avions, la fin des combats, du conflit, lors même que les attaques anti-américaines comme anti-occidentales ou à l’encontre des autorités nouvelles irakiennes apparaissaient et augmentaient. Pour les Irakiens, il allait de soi que l’ex-dictateur tirait les ficelles de ces actions sanglantes. Désormais, cette hypothèse est close : le raïs n’est plus en capacité de les inspirer ni de les ordonner, ses deux fils ayant été de surcroît exécutés par l’armée américaine.

TPI ou loi du Talion ?

Son sort est évident : prisonnier à vie, bientôt jugé - par qui ?-, et condamné - à mort ?. Mais les anti-américains d’Irak, baassistes, fedayins, islamistes étrangers, vont-ils moralement être touchés par la fin d’une puissance et d’un symbole ?
Si tel ne devait pas être le cas, il est par contre certain que les Irakiens n’auront plus d’hésitations à fournir des informations contre ces « résistants » dont la situation devient désormais très dangereuse. L’un de ces Irakiens vient ainsi de gagner 25 millions de dollars.
Des dollars qui sans doute servaient à financer ces attaques anti-américaines et dont la source est désormais tarie. Cette « résistance » devrait donc diminuer et s’éteindre d’elle-même, avec la prise de contrôle de l’ensemble des pouvoirs par les Irakiens dès le deuxième semestre 2004. Il y aura encore des actions conçues et menées par les fondamentalistes islamistes racistes, pour qui l’ombre même d’un Occidental doit être visée. Mais c’est là une situation internationale qui dépasse l’Irak.
Saddam Hussein ? Il faut espérer qu’il ne réussisse pas à se suicider en prison (même si le constat selon lequel le raïs ne l’a pas fait avant d’être arrêté prouve que l’ex-dictateur est plus un couard qu’un courageux, un couard qui a utilisé tous les moyens d’oppression pour se protéger, puisqu’il adorait sa vie), ou qu’il ne meure d’un mauvais cancer. Souhaitons que les Irakiens aient la chance et le « bonheur » de le juger pour ses crimes, premier acte judiciaire du nouvel Irak en reconstruction - la première démocratie arabe de la région...
Il y a des jours comme cela, on comprend pourquoi les oiseaux chantent, malgré l’hiver...

Jean-Christophe Grellety

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