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JACQUES CHIRAC, PRINCE DES POÈTES

dimanche 3 octobre 2004, par François Priam

Un poncif veut que les poètes ne comptent plus que pour des prunes. Pourtant, ils sont représentés par un prince célèbre, installé dans les appartements dorés de l’Elysée : notre bien aimé Président.
Vème République oblige, le susdit, tel nos rois de l’Ancien Régime, plane au-dessus de la mêlée, quand bien même il aurait été élu de facto pour une certaine "politique", tout en demeurant officieusement solidaire des choix de son gouvernement et de son premier ministre en chef.
Cependant, comme chacun voit son ombre derrière celle du zébu, le Prince des Poètes dispose, dans son Cabinet secret de Poésie fréquenté par De-De-De Villepin, d’une technique imparable : l’art de la fuite.

Guerre et paix

Ce 20 septembre dernier fut l’occasion - qui fait le larron - d’un sommet organisé à New-York contre la faim et la pauvreté dans le monde.
Comme ces derniers temps, il paraît difficile de prétendre que les "avancées" du gouvernement satisfassent la majorité des Français, l’âme et le corps présidentiels trouvèrent refuge à l’étranger et dans ses menus tracas. Du monde, sur lequel il règne sans partage depuis la crise irakienne - grâce à son génie des intentions pures et face à un Georges Double You devenu fou - le Président a fièrement assené que « la guerre est, toujours, la pire des choses ». Dont acte.
Certes, cet homme providentiel a toujours soutenu les investissements massifs du Ministère de la Défense envers les marchands d’armes français. Il n’en demeure pas moins qu’à ses yeux « La guerre est, toujours, la pire des solutions », même si par ailleurs la fabrication comme la vente d’armes est toujours la meilleure des options pour l’économie, qu’elle soit américaine ou française.
Cette semaine, notre premier des poètes est reparti en croisade contre la pauvreté dans le monde. Non content que nul ne songe à l’interroger sur ces phrases étranges qui affirment vouloir « lutter contre la pauvreté dans le monde » (contre les pauvres du monde ?), notre homme demeure ravi que chacun croie immédiatement comprendre qu’il souhaite bien sûr le mieux plutôt que le mal.
Que ceux qui ne bénéficient ni de notre niveau de vie, ni de notre couverture sociale, ni de notre ration alimentaire et calorique quotidienne se rallient de plus en plus nombreux à notre satisfaction désormais emblématiquement obèse !
Là-bas, notre Bonté Nationale “a soutenu aux côtés du Brésil, du Chili et de l’Espagne, la proposition d’un doublement de l’aide publique au développement grâce à de nouvelles ressources financières. Des mesures concrètes pour réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015 attendent un plébiscite de l’assemblée générale de l’ONU en 2005. Le président s’est appuyé sur les réflexions et les conclusions du groupe de travail présidé par Jean-Pierre Landau sur les "mécanismes innovants de financement", dont il avait décidé la création en 2003. Le rapport vient d’être rendu public en septembre 2004”.
"Plus qu’un acte de générosité" (sic !), lutter contre la pauvreté est "un acte de justice, d’intelligence et de paix, car la dignité et l’espoir d’une vie meilleure sont les antidotes les plus efficaces aux poisons de la violence et du fanatisme", Manifestation d’une once de sincérité, la lutte « pour » la pauvreté est intéressante pour nous, sur tous les plans.

Enrichissez-vous !

Cependant, cette « bonne volonté » toute kantienne suppose que ces pauvres non-consommateurs finissent par se conformer à notre image en achetant des produits qui sont et seront issus de nos usines, de nos ouvriers, de nos paysans... - pardon, de nos agriculteurs.
En conséquence, la pauvreté disparaissant nous enrichira encore et encore. Le calcul est parfait, mais relève d’une totale ignorance des réalités économiques et sociales des pays du Tiers-Monde. Car, dans ces pays, l’absence de sécurisation juridique et policière, la non-structuration économique autour de pôles sûrs et stables - des banques, d’une fonction publique non-corrompue - grèvent le développement économique conçu et pensé à partir de nos « modèles ».
Modèles qui n’en sont pas d’ailleurs : si le temps et l’espace m’étaient ici donnés, je pourrais aisément démontrer que nos économies sont profondément irrationnelles (par exemple, par l’exagération de la thésaurisation qui tue dans l’œuf l’énergie capitaliste avec la mort de l’actif monétaire).

Petits meurtres entre amis

Personne ne répondra intelligemment au Président, qu’il s’agisse de l’état de notre économie comme de ces pays où les peuples souffrent tant.
Béatement autosatisfait, transi par la vérité de la tête aux pieds, le Président monologue. Et pour cause : les intellectuels comme leurs frères médiateurs, les journalistes, ne font pas leur travail critique.
Un exemple : Jeudi 22 Septembre. « C’est dans l’air » du toujours content de lui Yves Calvi interroge « Chirac, l’autre mondialiste » (sic !) . Selon les journalistes présents, notre Président serait définitivement méfiant à l’égard des patrons des grandes entreprises, leur préférant les petits entrepreneurs, les modestes paysans.
Que ceux qui n’ignorent pas que le meilleur ami de Chichi est un certain François Pinault passent leur chemin ; que ceux qui connaissent les noms feutrés des premières fortunes de France s’abstiennent de tout commentaire...
Qu’on se le dise, Chichi est "populaire". Du salon de l’Agriculture à celui de la Voiture en passant par le troquet du coin, le Président excelle dans l’art de « serrer des pognes », de flatter des croupes bovines, ou de se faire tirer le portrait. Sourire, toujours sourire (technique bouddhiste), tout le secret est là...

S’il advient qu’au détour d’un salon, le Président déjeune, dîne, s’amuse avec les happy few ou la Jet Set parisiano-mondaine, pas d’inquiétude : la presse française, à genoux devant un pouvoir d’Etat devenu si puissant qu’il fait trembler les principes d’une démocratie chaque jour contredite et niée, ne dira mot. N’a-t-elle pas su faire preuve de discrétion lorsqu’elle feint de "découvrir" la fille naturelle de François Mitterand, grâce aux photos "scandaleuses" de Paris-Match (menteurs menteurs) ?

Qu’il s’agisse de Jacques Chirac poétisant sur le Bien qui est préférable au Mal ou de Nicolas Sarkozy donnant des conférences de presse relatives au nuage rose des finances françaises, aucun journaliste ne posera les questions qui fâchent - attention à l’évolution de carrière comme au contrôle fiscal...
Nos élus, pourtant battus aux deux dernières élections nationales, parlent en autistes, adeptes des méthodes Coué et Bonté Catholique. Et pendant ce temps, les Français dorment, assoupis grâce au « génie » de TF1, dont le manager déclarait il y a peu : « Ce que nous vendons à nos annonceurs, c’est du temps de cerveau humain disponible. ».
« Les Français sont des veaux ». Qui a dit cela ? Le trop honoré Charles de Gaulle, idole d’un certain Jacques Chi...

François Priam

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